Abécédaire du tout-Paris
Paul de Vallonges

Nouvelles éditions Séguier
novembre 2015
160 p.  21 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu

Le Tout (petit) Paris

C’est le type de livre qui ne sert à rien mais qui fait rire. C’est déjà beaucoup. Ne cherchez pas qui est Paul de Vallonges, il n’existe pas. Sous ce pseudo, se dissimulent une, voire plusieurs plumes qui manient avec talent la critique acide et l’attaque au verbe. Leur œuvre polyphonique dessine une galerie de mini portraits des « gens » croisés dans les dîners en vue, que l’on retrouve aussi dans les pages mondanités de Paris Match ou Voici. D’ailleurs on ne parle plus de stars, mais de people « à mesure que la race s’éteint. » Christine Angot ? « La romancière préférée des grands muezzins de la culture. Spécialisée dans le récit de l’inceste. En tire des livres qui, à force de jouer sur la corde sensible, la cassent. » Frédéric Taddéi ? Il « agace avec le sourire, les bien-pensants de droite et de gauche qui rêvent de l’étrangler avec son nœud de cravate coquettement desserré. » Quant à Paul-Loup Sulitzer, il a « popularisé un genre littéraire : le roman écrit par un autre. On devrait créer un prix littéraire à son nom. On ne compterait plus les candidats au prix Sulitzer ». Dans ce monde, le meilleur allié de l’écrivain, l’attachée de presse, est un mélange de « Sœur Emmanuelle pour le dévouement » et de « Zahia pour la séduction ». Cet Abécédaire s’inscrit volontiers dans le sillage de précédents : le plus ancien, le Petit almanach des nos grands hommes écrit en 1788 par Antoine de Rivarol, et le plus récent, L’alphabet du Tout-Paris, supplément au Vogue Hommes, récité en 1992 par une troupe de fêtards invétérés (Beigbeder, déjà lui ! Emmanuel de Brantes et d’autres), emmenée par Bernard Chapuis et Jean-Pierre de Lucovitch. Ce livre d’apprentissage n’évite cependant pas quelques écueils. Pourquoi les femmes sont-elles forcément des « atouts de charme », de « jolies romancières », arborant de « jolis visages » avec de « jolies bouches » capables de se « venger joliment », avec « un zeste de canaillerie » ? A choisir : érotiques, sensuelles ou idiotes. Paris compte plus de femmes que d’hommes, il doit bien s’en trouver dont la plume et les opinions accrochent l’âme et titillent le cerveau masculin sans lien avec leur plastique.

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