Le sexe selon Maïa
Maïa Mazaurette

La Martinière
janvier 2020
220 p.  22,90 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu

Vive le sexe !

Chaque semaine dans Le Monde -le samedi précisément-, Maïa Mazaurette interroge notre sexualité. Une quarantaine de ces chroniques sont reprises dans un joli livre intitulé « Le sexe selon Maïa ». Rien ne lui échappe et rien ne lui fait peur. Sur un ton alerte, parfois drôle, elle aborde avec la plus grande liberté tous les sujets sous un angle original et sous tous les rapports (si j’ose dire….) traitant parfois de questions complexes, jugées taboues il n’y a pas si longtemps.

Elle interroge nos corps, nos pratiques, nos habitudes et nos rêves. Quelques encadrés explicatifs aux doux noms de « Clitoris », « branlette », « gode-ceinture », «candaulisme » ou « galipette » s’immiscent entre les chroniques qui traitent de sujets aussi divers et parfois inattendus que « Le pénis est un orifice comme les autres », « La masturbation n’est pas qu’un plaisir solitaire », « Après le coq français, le cocu français ».
Loin de tout voyeurisme et de toute provocation, on sent chez cette cette Madame Sexe une authentique curiosité ayant pour seule ambition de décrypter notre sexualité, ce qu’elle dit  de nous et de notre société.
Maiä Mazaurette n’est pas là pour prêcher une morale quelconque, ni porter de jugement. Elle parle de sexe, comme ailleurs dans le journal on parle d’économie, de culture ou de gastronomie.
Même si l’on sent des préoccupations féministes assumées, on n’est jamais pris au piège d’un militantisme réducteur ou d’une idéologie pesante. A dire vrai, si l’on voulait vraiment lui trouver une cause, ce serait celle du plaisir et de la liberté des corps pour laquelle Maïa Mazaurette milite avec beaucoup de talent.

C’est d’ailleurs ce qui ressort d’un essai paru au même moment (pour ma part j’ai préféré le recueil, mieux édité, de chroniques) publié en deux parties, tête bêche, intitulé d’un côté « Sortir du trou » et de l’autre « Lever la tête ». Le sous-titre résume parfaitement la démarche de l’auteur, je cite : « Echapper à notre vison étriqué du sexe et inventer un nouveau répertoire érotique ». C’est cette envie d’une sexualité libre, inventive et surtout joyeuse qui anime Maïa Mazaurette. Beau programme, non ?

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