Les passeurs de livres de Daraya - Une bibliothèque secrète en Syrie
Delphine Minoui

Points
documents
septembre 2017
168 p.  6,30 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu

Une bibliothèque face aux canons

Lorsque sa ville est bombardée, que plus une maison ne tient debout, que ses amis, ses voisins, sa famille, s’ils ont la chance d’être encore vivants, se retrouvent démunis de tout, la lecture semble une occupation bien futile. Et pourtant, comme le démontre ce livre, elle peut devenir un refuge, une trace d’humanité dans un monde de brutes, une lueur dans la nuit. A Daraya, en Syrie, une quarantaine de jeunes révolutionnaires, ont sauvé de la destruction les livres appartenant à un professeur et ont créé une bibliothèque souterraine et clandestine. Delphine Minoui, grand reporter au Figaro, a mené ses entretiens avec ces hommes par Skype. C’est passionnant, édifiant et, aussi bizarre que cela paraisse, également réconfortant.

Pascale Frey

Coup de coeur de o n l a l u
dans le q u o i l i r e ? numéro 22 à découvrir ici 

partagez cette critique
partage par email

je joue !

jusqu'au 22 septembre 2019

retour à la page d'accueil

 Les internautes l'ont lu
coup de coeur

Les livres face à l’obscurantisme

Avez-vous remarqué que les extrémistes de tous bords n’ont de cesse de brûler les livres ou, pour le moins, certains livres ? Ces ouvrages synonymes de liberté, de savoir, d’espoir, de culture sont une ouverture vers le monde extérieur qui les dérangent. Il vaut mieux un troupeau de moutons, c’est plus facile à manier.
Daraya est bombardée jusqu’à la destruction totale, le pouvoir veut annihiler sa population révolutionnaire au regard de Bachar-Al-Assad. Des jeunes gens, la vingtaine, ont décidé de résister, de na pas fuir devant les canons, décident d’exhumer les livres enfouis sous les décombres, créent une bibliothèque souterraine et, bien sûr, clandestine. Les jeunes gens les répertorient, notent le nom du propriétaire en vue d’une restitution, pour le cas où…
Cette bibliothèque, sans tabou, attire de plus en plus de monde. Les lecteurs découvrent un autre monde, certains apprennent à lire, d’autres découvrent une littérature inconnue d’eux ; tous se réconfortent, se réchauffent les uns les autres.
Octobre 2015, Delphine Minoui, découvre cette bibliothèque et ces jeunes gens qui osent se montrer. La journaliste, intriguée, va enquêter et pouvoir rencontrer, via Skype, WhatsApp, ces résistants qui se battent pour leur liberté, leur survie, leurs idéaux.
« Ecrire pour ne pas oublier » cette ville « Il faut se rendre à l’évidence : la ville est au pied du mur. Condamnée au bûcher », surtout après l’arrosage au napalm !
Que des personnes qui risquent leur vie à chaque instant, qui se battent contre un ennemi qui usent de tout pour raser Daraya, où des fous d’espoir et de liberté  osent défier le pouvoir en place et daech pour une vie plus libre, c’est comme un coin de ciel bleu dans l’orage.
C’est tragiquement beau une bibliothèque face aux tyrans sanguinaires.
http://zazymut.over-blog.com/

partagez cette critique
partage par email
 

Delphine Minoui est grand reporter et spécialiste du Moyen Orient. Elle vit d’ailleurs depuis plusieurs années à Istanbul.

En Octobre 2015, elle découvre sur Facebook une photo de deux jeunes hommes entourés de murs de livres. Il s’agit de la bibliothèque secrète créée au coeur de la ville de Daraya, ville encerclée et bombardée depuis 2012 par les forces de Bachar al-Assad.

Sa curiosité étant piquée, la journaliste va enquêter et finir par entrer en contact par Skype et Whatsapp par les jeunes créateurs de cet endroit.

Son récit nous permet de « rencontrer » ces jeunes, engagés dans la lutte contre le pouvoir en place mais aussi contre Daech.

Dans cette ville assiégée, affamée volontairement, ils se sont créé un sas de liberté

« où la lecture est leur nouveau socle. Ils lisent pour sonder le passé occulté. Ils lisent pour s’instruire. Pour éviter la démence. Pour s’évader. Les livres, un exutoire. Une mélodie de mots contre le diktat des bombes. La lecture, ce modeste geste d’humanité qui les rattache à l’espoir fou d’un retour à la paix. (…)Les phrases frémissent de tous ces mots, ceux de la sagesse, de l’espoir, de la science, de la philosophie, qui résistent à la poudre d’explosif. Parfaitement ordonnés et classés sur les étagères, les mots sont solides, ils tiennent debout, triomphants, résistants, vaillants, crédibles, empreints de vérité. Ils offrent des pistes de réflexion, des torrents d’idées, des histoires pour s’échapper. Le monde entier est à portée de main. »

Les livres qui composent cette bibliothèque ont été trouvés dans les décombres des maisons. Ils sont répertoriés, le nom de leur propriétaire noté en première page dans l’espoir de leur rendre une fois la paix retrouvée.

Ce récit est passionnant et nous apporte également un éclairage sur la situation en Syrie. A lire absolument.

partagez cette critique
partage par email
 

Un documentaire bouleversant.

En lisant ce livre, je me suis rendue-compte de la chance que nous avions de vivre dans un pays ou la littérature est un droit et une liberté, un pays où nous pouvons entrer dans la librairie ou la bibliothèque de notre choix pour nous procurer l’ouvrage de notre choix.

Nous ne sommes malheureusement pas tous égaux face à la littérature. Dans certains pays, lire peut être dangereux.
Dans ce documentaire bouleversant, Delphine Minoui nous parle du courage de quelques hommes qui ont osé défier le régime de Bachar Al-Assad en récupérant des livres dans les ruines des maisons pour créer une bibliothèque souterraine ouverte à tous.
Daraya, dans la banlieue de Damas est une ville assiégée, pillée, détruite par les bombardements et les attaques chimiques où les habitants peinent à trouver les denrées de première nécessité.
C’est au milieu du chaos que quelques hommes jeunes, la vingtaine, se sont donnés pour mission de sortir des décombres, des immeubles ensevelis sous les bombes, des milliers de livres. Une bibliothèque clandestine située au sous-sol d’un immeuble voit le jour dans une ville en ruine, aux confins du Proche-Orient, dans une région dévastée. La littérature va leur permettre d’épancher leur soif de liberté et de savoir dans un environnement chaotique rythmé au son des bombes qui s’abattent quotidiennement sur la ville

Delphine Minoui garde le contact avec ses hommes grâce à skype, WhatsApp et facebook.
Ce qui frappe dans ces témoignages c’est la maturité des interlocuteurs, qui ont la vingtaine et pourtant portent en eux une certaine gravité. Ils ont fait le choix sciemment de ne pas déserter, de rester à Daraya et de la défendre malgré le déséquilibre des forces en présence.
Privé de tout, les livres deviennent leur refuge. Outre une promesse d’évasion, la littérature leur donne la force de tenir.
Sous la plume de Delphine Minoui on découvre une ville qui n’a jamais cédé aux sirènes du terrorisme et de l’islamisme radical. Une ville qui a résisté durant quatre ans par la seule force vitale de ses habitants habités par une volonté de fer.
Une lecture douloureuse mais ô combien nécessaire pour mesurer notre bonheur.

partagez cette critique
partage par email