Plaisir et nécessité
Françoise Nyssen

Stock
juin 2019
336 p.  20,50 €
 
 
 

je joue !

jusqu'au 22 septembre 2019

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 Les internautes l'ont lu

« Être la fille d’Hubert Nyssen, ce n’était pas simple. »

Laure Adler a proposé et encouragé Françoise Nyssen à témoigner de son passage au Ministère de la Culture en se racontant un peu dans sa nouvelle collection « Puissance des femmes », dans laquelle la langue de bois n’a pas sa place. L’exercice m’intéressait à la base et je dois dire que cette lecture m’a passionnée, tant j’ai ressenti une grande sincérité et ai appris à connaître un peu mieux cette femme que j’admire depuis de longues années. Parce que j’adorais son père, évidemment, mais heureusement pas seulement.

« Hubert tenait des carnets et ensuite un blog (il était toujours à la pointe de la technologie) qui nous terrorisaient tous. Tous ceux qui venaient dîner au Paradou, au Mas, se demandaient comment ils allaient être traités ensuite sur le fameux blog. Je ne sais pas comment cela avait commencé. Pour ma part, je préférais les carnets, qu’il a tenu à publier en les expurgeant des commentaires et remarques inutiles. Mais je n’étais pas à l’aise avec ce qu’il disait sur son blog, parfois même vraiment gênée. Évidemment, cela n’avait rien à voir avec ce qui se passe aujourd’hui sur les réseaux sociaux. Tout ce qui était écrit l’était avec élégance et amabilité, mais certains qui se sont retrouvés sur son blog se sont fâchés. Hubert était un homme qui aimait plaire, or il savait forcément que ses écrits le mettaient en porte-à-faux par rapport aux gens dont il parlait. Je ne comprends pas pourquoi il en a eu besoin. Il ne pouvait pas s’en empêcher, semble-t-il. »
Quelle grande chance pour celles et ceux qui, comme moi, l’ont découvert à travers ce blog, pour ma part en 2006. C’est vrai qu’il avait une parole libre et que parfois, on pouvait assister à quelques règlements de compte ou mises en avant mais ça ne le rendait que plus humain, et quelle vie que la sienne. Je n’oublierai jamais, par exemple, la manière presque légère – mais on sentait bien ce qu’il en pensait… – dont il a fait part de la décision de Paul Auster de ne plus faire appel à Christine Le Bœuf pour le traduire (par fax. Alors que les Nyssen sont à l’origine de sa première publication et traduction. Son succès est venu par la France, par Christine et Hubert, très directement). : « Mardi 6 avril 2010 Petite, très petite incursion dans la colline, au cours de laquelle nous avons commenté, Christine et moi, le texte du fax par lequel Paul Auster, avec force reconnaissance et compliments, lui annonçait qu’elle ne serait plus désormais sa traductrice. Mais des signes nous en avaient déjà instruits. On n’avance pas en âge impunément… »

Mais revenons à Françoise, qui a été pour beaucoup elle aussi dans l’aventure Actes Sud, dès le départ. Elle raconte tout cela et plus encore, la grande famille qu’elle a constituée, sa foi absolue en la Culture sous toutes ses formes, la manière dont elle est devenue ministre, le poids écrasant de la machine bureaucratique étatique, ses démêlés avec une certaine presse, ce qu’elle a tenté de faire et les priorités qu’elle a dégagées.

« Mon père, un homme de publicité, disait : « C’est quand on a soi-même la nausée d’un message qu’il commence à passer chez l’autre. » C’est indéniable. Or moi, je pensais qu’il fallait d’abord travailler et finaliser les choses, avant de se présenter publiquement pour « communiquer ». »
Novice dans ces arcanes politiciennes, elle laisse entrevoir un respect et une admiration sincère pour le président, le premier ministre ayant droit à un tout autre traitement (miroir de leur propre façon de la traiter). En annexes, les textes d’une de ses tribunes et son discours de passation de pouvoir.

Un récit engagé et ouvert sur l’extérieur, qui n’est pas aveugle à l’urgence climatique que nous vivons actuellement.

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