Une rencontre à Pékin
Jean-François Billeter

Allia
petite collection
août 2017
150 p.  8,50 €
ebook avec DRM 5,49 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu

Les tribulations d’un Suisse en Chine

Dans un récit personnel, le grand sinologue Jean-François Billeter raconte sa rencontre avec Wen, son épouse chinoise. Ce livre aussi passionnant que modeste est également un témoignage de première main sur la Chine pendant la République populaire.

Mariage à Pékin

Quand le jeune Jean-François Billeter termine ses études de lettres à Genève en 1961, il entreprend l’apprentissage du chinois un peu par hasard, avant de demander une bourse d’études et un visa pour Pékin. C’est ainsi qu’en 1963, il arrive dans la capitale chinoise en parfait candide, ignorant de la situation politique. Coupé des autochtones et étroitement surveillé, il apprend la langue dans une école pour étudiants étrangers. C’est à l’occasion d’une soirée dansante chez une compatriote qu’il fait la connaissance de Wen, dont il tombe amoureux. Commence alors une histoire digne d’un roman d’espionnage. Puisque tout étranger est un suspect, Jean-François Billeter doit user de stratagèmes pour revoir la jeune femme. Et quand il veut l’épouser, il pénètre dans un labyrinthe bureaucratique éprouvant : demandes d’autorisation, sollicitation de l’ambassadeur, intervention du ministre des Affaires étrangères… Il faut prouver que Wen n’est pas une traîtresse et que son fiancé n’est pas un agent secret : « Tout avait été prévu, par le régime, pour rendre une telle rencontre impossible – tout ou presque » ; c’est dans cette brèche que nos deux héros s’engouffrent.

Une famille dans la tourmente chinoise

Si Wen et Jean-François Billeter ont pu quitter le pays en 1966, à la veille de la Révolution culturelle, ils ont dû attendre plusieurs années avant de pouvoir y retourner, et quarante ans pour apprendre l’histoire des parents de Wen, morts à la fin des années 1970. Très attaché à la notion d’essentiel, l’humaniste Jean-François Billeter ne se contente pas de raconter son aventure, mais s’applique aussi à relater la vie de beaux-parents qu’ils n’a presque pas connus, originaires de Mandchourie, et réduits à la misère par l’absurdité d’un régime diffamant qui voulait faire des exemples pour son peuple. Voici un livre étonnant, qui se lit comme un palpitant roman d’espionnage au temps de la Guerre froide.

 

 

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