La Déposition
Pascale Robert Diard

L'iconoclaste
janvier 2016
236 p.  19 €
ebook avec DRM 12,99 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu

Mieux qu’un roman

Un procès, lorsqu’il est bien raconté, peut ressembler à un véritable roman. C’est exactement ce que réussit Pascale Robert-Diard, chroniqueuse judiciaire au Monde et auteure de « La Déposition ».

L’affaire était un morceau de choix, une histoire à la fois rocambolesque et tragique, pleine de rebondissements jusqu’au coup de théâtre final.

En octobre 1977, Agnès Le Roux, riche héritière dont la famille possède des casinos, et notamment Le Palais de la Méditerranée à Nice, part en week-end avec son amant Maurice Agnelet. On ne la reverra plus. Elle s’est évaporée dans la nature, il n’y a aucune trace d’elle.  Les soupçons se portent immédiatement sur l’amant en question, qui est avocat. D’autant plus que l’argent qu’Agnès avait déposé sur un compte dont il était le seul à connaître l’existence, a disparu. Il nie et présente un alibi (il aurait été avec une autre femme à ce moment-là)… Mais la famille Le Roux n’abandonne pas, portée par la mère qui veut à tout prix savoir ce qui est arrivé à sa fille.

Maurice Agnelet est arrêté, mais l’instruction débouche sur un non lieu en 1986. Il y a beaucoup de soupçons, mais aucune preuve. Un premier procès s’ouvre en 2006, car la femme qui lui avait procuré l’alibi, a reconnu avoir menti. Il est acquitté. Puis, en 2007, condamné en appel à vingt ans de prison. Saisie par son avocat, la Cour Européenne des droits de l’homme annule la condamnation et renvoie devant une nouvelle cour d’assises.

C’est ce troisième procès, que Pascale Robert-Diard nous raconte. Son attention se porte tout particulièrement sur Guillaume Agnelet, le fils de l’accusé. Jusque là, il a toujours défendu son père, comme l’ont fait son frère et leur mère. Cette fois, revirement de situation. Il vient révéler devant la cour que leur père a avoué, il y a des années, être coupable de la mort d’Agnès. Mais, avait-il même précisé, tant que l’on ne retrouvait pas le corps, il ne risquait rien.

C’est la stupéfaction. Tout le monde pensait qu’Agnelet sortirait libre, puisqu’il n’y avait pas de nouvel élément.

Pascale Robert-Diard décrypte ce qui a conduit Guillaume à prendre cette décision. Elle fait revivre la violence de ce moment inouï, digne d’une tragédie grecque, quand un fils décide de dénoncer son père en sachant que cela l’expédiera en prison pour plusieurs années…

Ce texte n’est pas un simple compte-rendu d’un procès, mais un véritable récit littéraire. Nous avons l’impression de lire un policier. En mieux, puisque tout est vrai.

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