L'écriture et la vie
Laurence Tardieu

Editions des Busclats
janvier 2014
108 p.  12 €
ebook avec DRM 8,49 €
 
 
 
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Ce qu’écrire veut dire…

« La semaine, je suis une femme de trente-neuf ans, vivant à Paris, mère de deux petites filles ; et écrivain. Le mouvement de la maternité est celui de l’enveloppement. Il me faut une immense énergie pour parvenir à un autre mouvement, celui de l’écriture, qui lui-même est double : vertical (plongée) et éclatement. Ecrire, c’est plonger en soi, oui, mais, tout en plongeant, faire éclater ce moi, repousser ses propres frontières pour accéder à un espace plus grand. Ecrire, c’est faire se rejoindre l’intérieur et l’extérieur, le moi et les autres. »
Quand Michèle Gazier et Marie-Claude Char, fondatrices des Editions des Busclats, ont proposé à Laurence Tardieu de faire « un pas de côté » dans son parcours d’auteure en écrivant un texte court au gré de ses envies, de sa fantaisie, de son imaginaire ou de son intimité, Laurence Tardieu était justement en arrêt sur son chemin littéraire. Elle n’avait pas écrit une ligne depuis vingt-et-un mois. Une nuit d’un noir d’encre avait alors envahi son esprit et son corps tout entier. L’écriture et la publication de son dernier livre La confusion des peines – elle y évoquait la mort de sa mère et l’emprisonnement de son père pour corruption – l’avaient vidée de ses mots. Et quand bien même des mots sortaient, ils lui semblaient sonner creux et faux.
En mal de justesse, en quête d’une vérité, espérant une lumière, Laurence Tardieu se met alors à écrire une sorte de journal. Tenter de trouver un sens à ce qui lui arrive. Se poser des questions. Essayer d’y répondre. Pas à pas, sortir de l’ombre, de l’impasse. Cheminant, jour après jour sur une voie tortueuse pour trouver sa voix. Celle qui résonnera avec exactitude. Un équilibre entre l’intime et le dehors. Et se nourrir encore et toujours des mots d’Annie Ernaux, de Charles Juliet, de Virginia Woolf, de Gustave Flaubert, de Marguerite Duras, de Georges Perec et de tous ces écrivains de la vérité. Modifier quelque peu ses conditions de travail : ne plus s’enfermer à l’intérieur de soi devant un mur mais s’ouvrir davantage non loin de fenêtres bienveillantes…
Laurence Tardieu partage ce journal avec le lecteur, qui a d’ailleurs lui-même un rôle dans sa quête. Celui-ci chemine à ses côtés, entrevoit les difficultés auxquelles se heurte parfois un écrivain, comprend ses doutes, imagine ses failles, et espère avec elle que la lumière tant attendue rayonne à nouveau dans son corps et dans son esprit. Et que les mots reprennent leur course vive, vivante et vraie.
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