Dancers
Jean-Philippe Blondel

Actes Sud Junior
août 2018
176 p.  13,90 €
ebook avec DRM 9,99 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu

Quand je serai grande, je serai critique !
De temps à autre un jeune lecteur partagera sur o n  l  a  l u  ses lectures.
Nous commençons avec Agathe, 14 ans.

Ce récit est passionnant tant il fait corps avec la danse ! On peut penser que le livre est une chorégraphie : les rebondissements sont les différents pas et les chapitres sont les mouvements. Il suit son cours comme une chorégraphie improvisée qui nous emporte avec elle.

L’histoire d’Anaïs et de son cœur attaché à deux garçons pourrait faire penser à un balancier, elle se dirige vers l’un puis vers l’autre. Puis la jeune fille est blessée physiquement : je ressens alors dans ce passage de l’histoire un relâchement, comme un « drop » en langage de la danse ; on relâche une partie du corps qui semble être attirée par le sol, par la gravité. J’ai beaucoup aimé le personnage de Sanjeewa, toujours à la recherche du mot exact, de la définition qui convient le mieux à un épisode de sa vie.
Lorsque Jean-Philippe Blondel dit que la danse et les mots font vibrer, je pense qu’il a raison : les mots permettent de nous exprimer, de dire ce que l’on ressent avec le langage tout comme la danse qui, elle, le fait avec les gestes. La danse permet de nous exprimer en silence. Peut-être peut-on faire ressentir plus de choses avec les mouvements du corps ? Je trouve qu’il est plus facile de s’exprimer avec la danse qu’avec les mots.
Agathe

 

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coup de coeur

Les passions de l’adolescence

C’est un récit polyphonique, où l’on écoute des voix résonner, avec justesse et rigueur, comme dans une salle de danse. C’est un roman « coup de poing », dans lequel on se sent happé, comme une chorégraphie. C’est un livre pour adolescents, mais qui retourne le ventre des adultes, aussi. Si « Dancers » présente au lecteur toutes les nuances subtiles et merveilleuses de la danse – et Jean-Philippe Blondel l’évoque comme s’il dansait lui-même -, le jugement ne peut être nuancé : ce livre se lit à la hâte, comme hypnotisé.

Tout commence avec Adrien, dix-sept ans, qui danse depuis l’enfance, dans sa chambre ou dans le salon, en secret. D’emblée, il confie, à la manière d’un journal intime, la force sourde et sauvage qui le fait danser – apprise grâce à des tutoriels visualisés sur Internet -, sa volonté de ne plus penser à Anaïs, avec qui il participe à l’option danse en première, l’année du bac de français. Peu à peu, on découvre leur histoire d’amour, leur colère et leur rancœur, leur haine et leur volonté d’oublier l’autre à tout prix… parce qu’il ne sont pas seulement deux, mais trois, parce qu’il y a aussi Sanjeewa, fils de professeur de français qui vient du Sri-Lanka et qui a immigré, et qui éprouve pour Anaïs une passion aussi bouleversante que la danse qu’il pratique au quotidien, comme les deux autres adolescents.

D’une écriture fine, ciselée, qui empreinte au lexique particulier de la danse modern-jazz, du hip-hop et de la gymnastique rythmique, Jean-Philippe Blondel plonge littéralement le jeune lecteur au cœur d’un univers où se côtoient le professionnalisme, la force physique et mentale, mais aussi les passions dévorantes de l’adolescence, celles de l’amour et de l’amitié. En passant d’un personnage à l’autre, d’une vision différente des choses, d’une appréhension de la danse à une autre, il surprend le lecteur en se faisant se réunir finalement le trio, là où on ne l’attendait plus.

 

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je joue !

jusqu'au 22 septembre 2019

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 Les internautes l'ont lu

dès 14 ans

La plume de Jean-Philippe Blondel sonne juste, qu’elle s’adresse à des adultes ou à des ados (ici dès 14 ans). Le lycée, une fille, deux gars. Trois écorchés, en réalité. Qui se livrent à la danse, qui la vivent comme seule échappatoire. Et puis des gestes irréparables, des paroles cinglantes, des revirements amoureux. Mais toujours la délicatesse, la dignité, la culture qui, si elle ne sauve pas, permet au moins de s’exprimer. Tendu et passionnant.

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