Je suis ton soleil
Marie Pavlenko

Flammarion
grands formats
mars 2017
466 p.  17,50 €
ebook avec DRM 11,99 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu

Un chemin vers une nouvelle vie

C’est l’histoire de Déborah, une jeune fille, lycéenne, en terminale ; le BAC approche à grands pas ! Les cours, les amis, les premiers amours, la vie de famille, les disputes parentales, Isidore son fidèle compagnon à quatre pattes : une vie d’adolescente presque parfaitement normale. On pourrait même croire à première vue qu’elle mène une existence paisible… Mais cet aspect extérieur nous en cache davantage…

Tout au long de l’histoire, des thèmes beaucoup plus complexes qu’une banale histoire pour adolescents nous sont dévoilés. Des sujets difficiles mais tellement véridiques et touchants : le suicide, l’homosexualité, le divorce, l’avortement… Déborah va devoir surmonter tous ces problèmes et se battre encore pour entrer petit à petit dans une nouvelle vie, la vie d’adulte. Nous assistons dans ce roman au passage de l’adolescence à la vie adulte de cette jeune femme, une épreuve, qui est semée d’embûches.

Nous ressentons une féroce envie que Déborah réussisse, se confie encore plus à nous et ouvre les yeux sur ce nouveau monde encore inconnu. Elle comprendra vite l’utilité du soutien, des liens amicaux et familiaux, elle ne sera pas seule face à sa nouvelle vie. Eloïse, sa meilleure amie, sera là pour elle, Jamal et Victor, ses deux inséparables camarades lui seront une aide morale indispensable. Mais ce que nous retiendrons finalement, c’est la complicité qu’elle partage avec sa mère qui lui porte un amour infini, elle qui semble perdue et bousculée dans ces moments compliqués.
Je regrette que le personnage de Carrie, la libraire, ne soit pas plus mis en avant, c’est un personnage qui m’a énormément intriguée et qui je pense avait tout son rôle dans l’histoire de Déborah.

Marie Pavlenko, une auteure bouleversante avec une écriture tout à elle, si drôle et si émouvante à la fois, nous emporte dans son monde. Elle exprime des choses poignantes et réelles, et possède une écriture à faire frémir !

Agathe Gobert 14 ans

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coup de coeur

Je suis ton soleil

Pour employer le vocabulaire adolescent, on dirait bien que c’est « la loose » pour Déborah, jeune lycéenne qui entre en terminale : sa meilleure amie n’est pas dans sa classe, son chien Isidore – un labrador obèse récupéré sur le trottoir et qui sent mauvais- vient de dévorer toutes ses chaussures, elle ne supporte plus ses parents -déprimés et déprimants-, et elle récolte de très mauvaises notes. Mais il y a pire encore : un soir, elle découvre son père en flagrant délit d’adultère, embrassant à pleine bouche une femme qui n’est vraisemblablement pas sa mère. Alors quand la nuit tombe, après le lycée, Déborah tente d’oublier ses soucis en promenant son chien, mais la nuit, ses cauchemars la rattrapent. Tout commence donc très mal pour la jeune fille, qui avait pourtant fondé d’immenses espoirs sur cette dernière année…

L’humour sauve de tout

En première page, l’épigraphe qu’a choisi l’auteur est tiré des Misérables : « S’il n’y avait pas quelqu’un qui aime, le soleil s’éteindrait ». En effet, malgré ces événements qui semblent catastrophiques, Déborah fait front. Grâce à son caractère fantasque, à ses pensées saugrenues, elle affronte le quotidien avec un humour sans limite, en faisant part au lecteur de ses pensées délirantes mais terriblement amusantes. Et c’est bien en faisant preuve d’autant de dérision que la jeune fille réussit à combattre ses démons. L’héroïne de « Je suis ton soleil », justement lumineuse, optimiste et heureuse de vivre, nous entraîne dans un quotidien riche en émotions, tout au long du roman.

Sujets tabous

Avec un esprit ironique et plaisantin, mais également beaucoup de subtilité, Marie Pavlenko parvient à traiter de nombreux sujets difficiles, parfois même tabous, au sein du lycée : le divorce, l’amour, mais aussi l’homosexualité et la dépression. Tout sonne juste dans ce récit : les dialogues entre les adolescents, leurs réactions spontanées, leur manière de vivre et de faire face à leurs soucis. En choisissant de raconter une année de terminale, de nombreuses journées encore insouciantes avant l’entrée à l’université, l’auteur fait finalement grandir son héroïne. Physiquement et en maturité, Déborah s’épanouit, se cherche et se retrouve, et c’est ce qui plaira sûrement au lecteur adolescent et ce qui le fera s’identifier à ce personnage haut en couleurs.

 

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