Le jour de gloire est arrivé !
Hubert BEN KEMOUN

POCKET JEUNESSE
octobre 2013
135 p.  4,95 €
ebook avec DRM 4,99 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu

Il n’y a pas que Facebook dans la vie !

Prénom : Kenny. Nom : Machin. Une blague ? Pas l’ombre d’une plaisanterie. Difficile, avec un  nom pareil, d’être populaire. Selon Kenny, son pire défaut, c’est son manque d’amis. Il y a bien Rodolphe, son acolyte… mais qui se sert de lui plus qu’il ne l’apprécie. Non, le timide collégien rêve de vrais copains, avec qui il partagerait ses angoisses et qu’il pourrait inviter à son anniversaire par exemple… Car dans quelques jours, il soufflera ses quinze bougies.

Le héros d’Hubert Ben Kemoun a beau avoir un patronyme à coucher dehors, il n’en est pas moins affuté. En un clic, il troque Kenny contre Vladislav, Machin contre Aguilera. Le jeune garçon s’invente un compte Facebook et crée son double : un adolescent à son image, la blondeur et l’allure en plus. Vladislav est séduisant, ultra branché -les photos sont retouchées- et surtout, le Graal : il est populaire. Des amis (virtuels) ? Il s’en fait à la pelle, des quatre coins du monde. Mais Kenny se sent encore seul. Alors il imagine un stratagème : inviter une personnalité à son anniversaire. Didji Escolaver, déesse planétaire du rock, adulée par les ados et connue pour ses sautes d’humeur, devient sa cible. Le mieux -ou peut-être le pire- c’est qu’elle accepte ! Elle vient donner un concert pour lui, le jour de ses quinze ans. Pour Kenny, sa réussite, sa revanche, bref, son « jour de gloire », arrive à grands pas…

Bien connu des enfants, Hubert Ben Kemoun sait aussi écrire pour les plus grands. Ici, ce n’est pas l’amour qui rend aveugle, mais bien la célébrité. Son héros est prêt à tout pour acquérir une réputation. Avec tendresse, avec émotion, avec humour surtout, l’auteur traite des dangers de la toile, de la perversité des réseaux sociaux, de la cyber-réputation. Il signe un beau roman sur la quête de personnalité, l’influence des autres, le jugement intérieur. Si les situations sont loufoques, poussées à l’extrême – le scandale de la rockeuse dans un avion, juste parce qu’elle est pressée de se rendre aux toilettes-, elles témoignent d’une grande lucidité sur l’amitié, devenue pour certains adolescents, une immense communauté virtuelle faite de relations fictives, voire irrationnelles.

On ne passe jamais plus d’une heure ou deux avec Hubert Ben Kemoun, signe que l’on se régale toujours de ses drôles de récits. On dévore ses romans, il nous en laisse des miettes : un dénouement heureux, une petite leçon de vie. Gentiment, il ordonne à son héros de lever les yeux de son ordinateur, de se confronter à la réalité, de regarder un peu plus loin que le bout de son nez… Et l’on devrait, régulièrement, en faire autant.

 

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