La prisonnière du brouillard
Guillaume Guéraud

Casterman
octobre 2015
24 p.  14,95 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu

Un monde onirique et envoûtant

Ce sont surtout les images qui donnent à cet album son caractère singulier. Chaque illustration, aux touches sensibles et mélancoliques, nous emporte un peu plus dans l’univers du conte. Puisqu’il s’agit bien d’un récit merveilleux : c’est l’histoire d’un tout jeune garçon, qui, parti à la poursuite de son cerf volant, s’éloigne peu à peu de chez lui. En marchant, il arrive au bord du lac Clameur, réputé pour être « maléfique », selon les habitants du village. Le voile de brouillard qui recouvre l’eau en permanence, est la cause des rumeurs les plus étranges : on raconte qu’en des temps plus anciens, une jeune fille y a été noyée par son père. Bravant la peur, le héros s’approche, et y découvre l’existence d’une pâle silhouette fantomatique, à la bouche très rouge et aux longs cheveux blancs. Une jeune femme prisonnière du lac, qui lui demande de la délivrer. Ce que le narrateur va tenter irrémédiablement de faire, au péril de sa vie…

 Dans ce conte moderne et poétique, Guillaume Guéraud et David Sala nous parlent de courage, d’amour pur, mais aussi et surtout de notre relation à la nature : ils décrivent le lien originel et puissant que l’homme a perdu avec son environnement. C’est en plongeant dans le brouillard, en ne faisant plus qu’un avec l’atmosphère lourde et glacée, que le jeune héros parvient à résoudre le mystère qui planait sur le lac, redonnant la vie, et le bonheur aux autres humains. Les dessins aux teintes grises et bleues, qui font d’ailleurs penser à l’œuvre du peintre Gustave Klimt, fascineront le tout jeune lecteur, le faisant frémir, au cœur de ce monde onirique et envoûtant.

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