Bestseller
Jesse Kellerman

Traduit par Julie Sibony
Le Masque
octobre 2013
408 p.  8 €
ebook avec DRM 7,99 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu

Dangereux plagiat

On peut accuser Jesse Kellerman de bien des maux mais sûrement pas de manquer d’imagination.
Pour ce qui est des histoires un peu folles, des situations ubuesques, il en connaît un rayon. Son héros, Arthur Pfefferkorn ne lui ressemble pas. Kellerman peut d’abord remercier ses parents (tous les deux auteurs de polars) de ne pas avoir hérité d’un patronyme aussi imprononçable. Et puis ce pauvre Arthur est un écrivain raté. Il a publié un roman vingt ans plus tôt qui ne connut qu’un succès d’estime. Depuis, rien, l’enfer de la page blanche. Son meilleur ami, en revanche, est une star, un auteur de thriller qui vend des millions d’exemplaires sous le pseudonyme quelque peu pompeux de William de Nerval. Pour couronner le tout, William a épousé la femme dont Arthur a toujours rêvé. Jaloux, aigri, Arthur se replie sur lui-même malgré la gentillesse de sa fille unique qui se désespère pour lui. Et puis William disparaît un jour en mer. À l’enterrement, Arthur retrouve l’épouse éplorée, la belle Carlotta, mais aussi le manuscrit inachevé de son ami. Il serait si facile de le subtiliser et de se l’approprier. Il serait si bon de devenir, enfin, l’heureux auteur d’un bestseller… Mais tel est pris qui croyait prendre. Et voici Arthur embarqué dans une drôle d’aventure. Drôle pour les lecteurs, bien entendu, parce que pour notre héros, c’est une autre histoire.

Roman d’espionnage, roman d’amour, roman pour rire, satire de thriller, Jesse Kellerman, l’auteur des « Visages », Grand Prix des lectrices de Elle, semble bien s’amuser en écrivant. Égratignant, l’air de rien, ces livres ni faits ni à faire qui se vendent comme des petits pains, il prend un malin plaisir à nous embarquer dans un pays de l’Est qu’aucune agence de voyage ne vous conseillera jamais, soyez-en sûr. On peut lui reprocher de s’éparpiller un peu dans la deuxième partie du roman, soit. Mais la transformation d’Arthur, de pleutre en – presque – James Bond, est vraiment cocasse.

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