Courir après les ombres
Sigolène VINSON

Pocket
août 2015
208 p.  6,50 €
ebook avec DRM 12,99 €
 
 
 
 Les internautes l'ont lu
coup de coeur

De la difficulté d’être au monde

Après « J’ai déserté le pays de l’enfance » et « Le caillou », Sigolène Vinson signe un troisième opus patronné par la difficulté d’être au monde. Entre ceux qui rejettent le profit, « cette quête d’argent qui se faisait contre le travail, les travailleurs et les êtres humains », celui qui souhaite attraper au moins le paludisme, cette fièvre fidèle, celle qui ne veut plus faire l’effort d’appartenir à ses contemporains, les regards que propose d’adopter l’auteur soulignent le caractère vain de nos existences passées à accumuler et à courir avant la mort et invitent à se recentrer sur l’essentiel – ce qui nous lie aux autres, ce qui nous fait hommes comme eux. La poésie en fait partie. Un roman dont le rythme même impose de ralentir, servi par une sensibilité exacerbée et une colère exposée sans prosélytisme. Sigolène Vinson, femme artisan d’une poésie ancrée dans le réel, met en scène les jeunesses trahies et les vies d’adultes non assumées, les destins des naufragés de la vie moderne à laquelle la poésie ne peut (presque) plus rien. Ces destins particuliers s’unissent au grand tout dans ce roman d’une Afrique mal aimée par l’Occident qui en a fait sa poubelle, qui appartient à ceux qui l’habitent autant qu’à ceux qu’elle habite. Retrouver Sophie Adriansen sur son blog

Retrouvez Sophie sur son blog 

partagez cette critique
partage par email