En cas de forte chaleur
Maggie O'FARRELL

10 X 18
janvier 2014
356 p.  8,40 €
 
 
 
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Les joies de la famille !

Juillet 1976, Londres est écrasée par la canicule. Une journée ordinaire débute chez les Riodan, un couple de retraités.
Comme tous les matins, Robert sort acheter son journal tandis que Gretta vaque à ses occupations ménagères.
Les heures passent, sans voir le retour de l’époux. Plutôt que de prévenir la police, l’épouse fera venir ses trois enfants, dont l’un vit à New York.
Comment et pourquoi disparait-on ?
Que s’est- il passé dans cette famille ?
Avec délicatesse et talent l’auteure va décortiquer les sentiments de chacun des membres de cette tribu pour en extraire les non- dits qui peuvent si sournoisement bouleverser bien des vies.
Une fois de plus j’ai été charmée par l’écriture délicate de Maggie 0’Farell.

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Portrait de famille

Été 1976. Une chaleur écrasante a envahi une grande partie de l’Europe. Les températures s’envolent, le soleil tape fort sur les têtes, la sécheresse s’installe faisant craqueler la terre. Face à la pénurie d’eau, une loi régule son utilisation chez les particuliers. Les villes sont des fournaises, la population étouffe.
Dans une rue de Londres, au petit matin, un couple se lève profitant de l’air encore supportable. Robert et Gretta Riordan sont originaires d’Irlande. Ils vivent ici depuis une trentaine d’années. Adultes, leurs trois enfants ont désormais quitté la maison. Comme chaque jour l’homme part acheter le journal, mais cette fois-ci, il ne revient pas. Une disparition qui inquiète et soulève de nombreuses interrogations dans la famille Riordan. Le fils, Michael Francis, et les filles, Monica et Aoife se retrouvent dans la petite maison londonienne un peu par obligation, car les relations entre eux sont assez conflictuelles. Ils ont tous pris leur distance – géographique et affective – menant des vies pas particulièrement choisies ni franchement heureuses, et la disparition du père vient déterrer les vieilles rancoeurs, les secrets enfouis, les mensonges et les non-dits. En raccord avec l’atmosphère suffocante liée à la canicule, l’ambiance familiale est tendue et oppressante. Le malaise est palpable.
Entre le passé qui remonte à la surface et les difficultés que rencontrent les trois frères et soeurs aujourd’hui dans leur vie personnelle, les consciences se réveillent et les langues se délient. Les révélations ne sont pas stupéfiantes, il s’agit d’histoires de mariages râtés, d’infidélités, de rivalités, d’égoisme, de lassitude, d’indifférence, de dissimulations, d’incompréhensions, de favoritisme, d’abandon… une mère trop présente, un père trop effacé… le poids de la religion… les racines irlandaises. La recherche du père va permettre à chacun d’évacuer les maux qui entravent sa vie. Ils vont pouvoir se raconter et s’expliquer sur des évènements anciens, notamment durant le voyage qu’ils font ensemble vers l’Irlande, lieu où se trouve probablement Robert Riordan.
Maggie O’Farrell explore avec justesse l’âme humaine, avec un soin du détail. Elle décrit merveilleusement une ambiance, un décor. Les objets sont scrutés autant que les sentiments des personnages. Tous les travers, les gestes, les mots, les pensées, les états physiques et mentaux des hommes et des femmes à un moment donné, le lieu où ils se trouvent, ce qu’ils sont en train de faire, tout cela est étudié et mis en relation. Tout s’imbrique naturellement. L’environnement fait corps avec les personnages, comme si le monde extérieur était le reflet du monde intérieur et inversement. Elle use aussi – un peu trop – de flashbacks, ravivant la mémoire, faisant parler le passé pour comprendre le présent. Une lecturetrouver Nadael sur son blog

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