Imagine le reste
Hervé COMMÈRE

Pocket
juin 2014
445 p.  7,90 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu

Impossible de résister à ce polar!

Karl Avanzato et Fred Abkarian, deux petits malfrats de Calais, ne se sont jamais quittés depuis l’enfance. Liés comme les doigts de la main, ils ont trempé dans des vols à la tire, des trafics de tout genre, des convoyages de substances. Bref, ils ont toujours voyagé en eaux troubles ce qui leur a valu des séjours en prison. Mais ce jour-là, Fred vient voir son copain et prononce, sibyllin : « c’est parti ». S’amorce pour ces deux loosers une aventure invraisemblable où il est question de caïd, de vrais et faux billets, de Maserati avec la mort en ligne de mire. Car Fred, sans l’avouer à Karl, cherche à doubler Serge Cimard, un chef de la pègre locale. Suicidaire !

Leur chemin croise celui de Nino Face, un chanteur-né. Le jeune homme, en dépit d’une voix hors pair, doute de son talent et se contente d’animer un karaoké dans un bar de Calais. Mais la chance tourne lorsqu’il est repéré par le producteur mythique d’Elvis Presley, des Stones, des Beatles, de Madonna…. Ralph Mayerling s’est retiré du métier depuis le suicide de sa protégée, Amy Whitehouse mais la rencontre avec Nino le pousse à récidiver. Autour du jeune chanteur, il monte un groupe de rock dont il prédit qu’il explosera tous les charts mondiaux. Et le succès arrive, foudroyant. Pourtant, Nino vit avec la peur au ventre. Quelque temps auparavant, il a participé à un vol de voiture qui a causé la mort d’un homme et indirectement atteint Serge Cimard. Si le caïd l’apprend, ne cherchera-t-il pas à se venger et à s’attaquer au chanteur, aussi connu soit-il ?

Hervé Commère signe avec « Imagine le reste » un formidable polar. Menée tambour battant et servie par une plume nerveuse et littéraire, l’intrigue emporte le lecteur dans un univers de vie, de musique, d’émotions dont il ressort le sourire aux lèvres. Impossible de résister à cette trame habilement ficelée dans laquelle les personnages se rencontrent, se perdent pour se retrouver d’autant que l’auteur dessine chacun d’eux avec une vraie bienveillance. Et l’on s’attache à Karl, Serge, Mayerling ou Nino que l’on quitte à regret. Avec ce quatrième roman, Hervé Commère confirme être une voix talentueuse du thriller français.

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