Jeux de miroirs
Eugen Ovidiu CHIROVICI

traduit de l'anglais par Isabelle Maillet
Pocket
janvier 2017
352 p.  7,50 €
ebook avec DRM 15,99 €
 
 
 
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Miroir, mon beau miroir…

Eugen Ovidiu Chirovici, un nouveau venu dans le monde du polar, est roumain (ce n’est pas banal), il écrit depuis peu ses livres en anglais dont le dernier, « Jeux de miroirs », a été vendu dans trente-huit pays. Son roman démarre sans temps mort puisque dans les trois premières pages, il nous donne un aperçu de l’intrigue : l’agent littéraire, Peter Katz, reçoit le manuscrit d’un certain Richard Flynn. Celui-ci se souvient de sa période universitaire, à Princeton, à la fin des années 80. Il filait alors le parfait amour avec sa co-locataire Laura Baines, qui lui avait présenté Joseph Wieder, une sorte de professeur Nimbus excentrique, totalement préoccupé par ses recherches en psychologie cognitive. Ce que l’on sait dès le départ, c’est que cet homme a été assassiné, que Richard fut brièvement soupçonné et que Laura a tenu un rôle ambigu dans l’affaire. Et voilà que le manuscrit s’arrête en pleine action, le jour où le professeur va être tué. L’agent, complètement captivé par cette histoire (comme nous), veut à tout prix en connaître la suite. Mais l’auteur, Richard Flynn, est en train de mourir d’un cancer et n’est plus en état de parler. Il ne reste plus à Peter Katz qu’à se transformer en détective, pour tenter de comprendre ce qui s’est réellement passé, rencontrer le policier chargé de l’enquête à l’époque, retrouver la fameuse Laura qui a changé de nom. Les versions des divers protagonistes divergent, les souvenirs se brouillent et chacun a vécu le drame de manière différente. C’est d’ailleurs le point de départ de ce roman comme l’explique l’auteur dans sa postface. « Est-il possible d’oublier complètement un événement et d’en créer un faux souvenir ? » s’interroge-t-il.

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Miroir, miroir, dis-moi qui dit la vérité…

Si Jeux de miroirs n’est pas le « roman événement » annoncé par son bandeau rouge, il reste néanmoins un bon roman policier qui tient son lecteur en haleine jusqu’au bout.
Tout commence par un long mail d’un certain Richard Flynn envoyé à un agent littéraire de chez Bronson & Matters, Peter Katz. En pièce jointe, ce dernier découvre les premiers chapitres d’un roman, visiblement autobiographique, dans lequel le dénommé Richard Flynn raconte ses premières années à l’université de Princeton et sa rencontre avec deux personnes : une jeune et brillante étudiante, Laura Baines, dont il est tombé éperdument amoureux et un professeur de faculté renommé, Joseph Wieder, spécialisé en psychologie cognitive qui effectue des travaux de recherche sur la façon d’effacer chez les individus des traumatismes psychologiques graves, « comme une bobine de film qu’on aurait la possibilité de couper au montage », bref, une espèce de « chirurgie esthétique de la mémoire ».
Il se trouve que le professeur a besoin de recruter quelqu’un pour ranger sa bibliothèque et organiser ses documents : c’est ainsi que Richard Flynn sera embauché et passera des heures dans la vaste maison, s’interrogeant parfois sur les relations entre sa petite copine Laura et Joseph Wieder et se demandant assez souvent qui est dans le fond cet homme que tout le monde adule dans le milieu universitaire.
Or, le fameux professeur est assassiné dans la nuit du 21 au 22 décembre 1987.
A l’époque, l’enquête n’aboutit à rien : personne ne retrouva le meurtrier.
Vingt-sept ans plus tard, Richard Flynn envoie donc par mail les premiers chapitres de son roman : il semble à coup sûr vouloir dire quelque chose, avoir une idée assez précise sur l’identité du coupable en question, celui qui a assassiné sauvagement l’illustre professeur.
L’agent littéraire n’a donc plus qu’à contacter ce mystérieux Richard Flynn pour lui demander la suite de cette histoire extraordinaire qu’il ne manquera pas de publier : ce sera inévitablement un best-seller ! Tout le monde a entendu parler de cette affaire non résolue et les livres se vendront certainement comme des petits pains.
Mais… les choses ne se passent pas toujours comme on le veut…
Encore une fois, j’ai pris plaisir à lire ce texte qui pose le problème de la vérité et du mensonge, de la manipulation, des apparences et des non-dits. Jeux de mise en abyme, jeux de points de vue, puzzle à construire : on passe d’un témoin à l’autre, d’une version à l’autre. Qui dit la vérité ? N’y a-t-il qu’une vérité ? Existe-t-il UNE vérité ?
Le suspense nous tient jusqu’au bout : un bon moment de lecture sans aucun doute.

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Souvenirs et faux-semblants

Mouais……..Voilà le « roman évènement » vendu comme tel , même par quelques libraires.
En fait il s’agit d’un roman gigogne, et mieux vaut ne pas en perdre le fil.
Un agent littéraire reçoit quelques chapitres d’un roman en cours apparemment, accompagnés d’une lettre fort intéressante.
Il convoque un journaliste afin de mieux comprendre., parce qu’est nommé dans cet embryon de roman un célèbre professeur de psychologie cognitive, assassiné de nombreuses années auparavant.Depuis l’affaire est classée.
Le journaliste essaie de retrouver tous les protagonistes de l’histoire, à commencer par l’auteur des premiers chapitres:pas de chance , il est décédé ; reste son amie qui affirme n’être au courant de rien.
Puis ,il retrouve une pièce maîtresse , une jeune femme à l’époque, puis des policiers maintenant en retraite, et ce jusqu’au dénouement. Effectivement il s’agit bien d’un jeu de miroirs. » Tous les personnages avaient commis des erreurs d’interprétation parce qu’ils avaient été confrontés à leurs propres obsessions en essayant de regarder par une fenêtre qui, en réalité, était un miroir. »

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