La Douce empoisonneuse
Arto Paasilinna

traduit du finnois par Anne Colin du Terrail
Gallimard (Editions)
folio
avril 2014
254 p.  7,40 €
ebook avec DRM 3,49 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu

Une grand-mère très rock

Pauvre Linnea Ravaska ! Cette veuve colonelle toujours scrupuleusement pomponnée se trouve être la victime de son neveu Kauko Nyyssönen et ses deux acolytes Jari Fagerström et Pertti Lahtela : ces malfrats, rarement sobres, viennent tous les mois saccager le petit havre de paix de la vielle femme tout en lui soutirant sa pension. Lasse de subir les excentricités de ces jeunes sans morale, Linnea décide de prévenir les forces de l’ordre et de se réfugier chez son médecin  et amant d’après-guerre, Jaako Kivistö.

Cette grand-mère va en vivre, des péripéties rocambolesques, mais il faut dire qu’elle n’est pas ordinaire non plus : une colonelle qui prend sa douche nue dans un étang, fabrique du poison haut de gamme et teste ce dernier sur des pigeons puis sur son amant, ça ne court pas les rues… Lorsque Kauko, Jari et Pertti décident de se venger et d’en terminer avec elle, ils ne s’imaginent pas à quel point la bonne étoile de la colonelle est tenace !

Drôles, folles, et un tantinet improbables, les aventures de l’innocente Linnea Ravaska sont racontées avec fougue par son auteur et suscitent autant la désapprobation que le sourire. L’intrigue et le suspense prennent progressivement leur ampleur, et si son sujet est relativement anodin, le récit loufoque d’Arto Paasilinna est servi par un rythme entraînant et une peinture des personnages si décalée, qu’il en devient réellement original.

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