Le vieux qui déjeunait seul
Léa WIAZEMSKY

Pocket
avril 2015
160 p.  5,95 €
 
 
 
 Les internautes l'ont lu
nuit blanche

un très bon feel good book

Clara, une jeune serveuse de 27 ans, aime son métier mais dans sa vie privée, elle s’interdit d’être heureuse. Un lourd secret de famille datant de la seconde Guerre Mondiale l’empêche de vivre pleinement sa vie de femme. Dans le café où elle travaille, Clara s’attache à un vieux monsieur qui s’attable à la même table tous les lundis et commande inlassablement le même plat. Il s’appelle Clément et lui aussi à un secret sur la Seconde Guerre Mondiale mais lui l’a vécu de l’autre côté. Ces deux êtres que tout oppose vont devenir inséparables : Clément veut aider Clara a se débarrasser de ses vieux démons et à enfin s’ouvrir aux autres avant de rejoindre la personne qu’il aime de l’autre côté. Bastien, qui travaille en face du café de Clara ne sait pas comment l’aborder. Elle est tellement différente des autres filles qu’il ramène chez lui. Mais le bouleversement dans la vie de Clara par sa nouvelle amitié avec ce petit vieux va rendre possible cette belle rencontre amoureuse. Un Feel good book plein d’amour, de tendresse, d’espoir. Un roman qui fait du bien!

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coup de coeur

Le vieux qui déjeunait seul va pouvoir partir le cœur en joie

Un formidable coup de cœur ! Pour qu’un roman parvienne à m’émouvoir au point de verser une larme, c’est qu’il a dû toucher une corde sensible. Pour ses débuts en littérature, Léa Wiazemsky aura réussi le même coup que sa mère, Régine Deforges, dont les premiers romans m’avaient beaucoup plu. Mais cessons de ressasser comme les anciens combattants et occupons-nous de l’histoire de Clara et de Clément à qui Léa donne tour à tour la parole, offrant par la même occasion au lecteur deux perspectives d’une même histoire.
Clara est serveuse dans un petit restaurant parisien. Un travail comme un autre, qu’elle agrémente en imaginant qu’elle peut être la vie des quelques habitués qu’elle croise régulièrement. Parmi ces clients, un vieux monsieur retient plus particulièrement son attention, parce qu’elle sent chez lui une profonde mélancolie. A plusieurs reprises, elle a essayé d’engager la conversation avec celui qu’elle a décidé de prénommer Henri, mais par pudeur et peut-être par peur, elle n’y est pas parvenue.
Henri, qui en fait s’appelle Clément, a aussi remarqué la belle serveuse : « Et il y a cette jeune fille qui fait de cet endroit un univers de lumière et de joie. J’aime cet instant où, à peine ai-je poussé la porte, elle est là avec son sourire plein de malice pour me souhaiter la bienvenue. Elle sait que je vais commander la même chose que d’habitude ; mais elle prend malgré tout la peine de m’apporter la carte. Cela me fait sourire. » Si leurs rencontres ne suffisaient qu’à rendre leur quotidien plus gai, cela serait déjà très bien, car on sent chez l’un comme chez l’autre une blessure, un secret dont pourraient se délecter les psycho-généalogistes.
Clément a près de 80 ans. S’il est veuf, c’est que son épouse à été victime de la barbarie nazie et n’est jamais revenue des camps de la mort.
Clara, quant à elle, aura dû fouiller dans le passé familial pour qu’enfin on lui lâche du bout des lèvres que son grand-père aura été un collaborateur très zélé. Une tâche qu’elle croira longtemps indélébile.
Par petites touches, en faisant aussi intervenir des personnages secondaires, Bastien, un amoureux transi, du côté de Clara et un couple d’amis Roberto et Marta du côté de Clément, Léa Wiazemsky va réussir le tour de force à nous persuader que non seulement ces deux personnes vont réussir à se rapprocher, mais bien plus que cela, à se guérir l’une de l’autre de leur lourd passé. Dès lors, plus rien ne s’oppose à une fin heureuse, sinon l’âge du capitaine: « Le bonheur, cela se décide, Clara! Tu le portes en toi comme le plus beau cadeau que la vie t’a donné. C’est à toi de le semer et de le faire pousser. Lorsque tu as trouvé la graine, tu dois la protéger, lui donner un peu d’eau, elle grandira et prendra de la place, tu n’auras alors rien d’autre à faire que de jouir de sa beauté. »
Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître !
Retrouvez Henri Charles Dalhem sur son blog 

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