critique de "Les arbres voyagent la nuit", dernier livre de Aude LE CORFF - onlalu
   
 
 
 
 

Les arbres voyagent la nuit
Aude LE CORFF

Pocket
mars 2013
251 p.  6,95 €
 
 
 
 Les internautes l'ont lu
coup de coeur

Un premier roman qui incite à s’émerveiller

Lorsqu’ils montent dans le véhicule qui doit les mener jusqu’au Maroc, les protagonistes ont chacun des objectifs bien distincts. Manon veut retrouver sa mère, Pierre est déterminé à reconquérir sa femme, Sophie espère limiter des dégâts familiaux qu’elle juge inévitables, Anatole enfin ambitionne de continuer encore un peu à se sentir vivant. En ligne d’horizon, Essaouira, Saint-Malo du Maroc, où les heures sont bleues comme l’océan et où le vent souffle aussi fort que cognent les cœurs.

Le périple sera rempli de surprises, de poésie, et de liens qui se tissent. Pour chacun, le voyage se révèlera initiatique, et modifiera définitivement le cours des existences. « C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante », écrivait Saint-Exupéry dont Le Petit Prince accompagne ces improbables aventuriers.

La plume d’Aude Le Corff effleure les choses, les êtres et les décors pour en révéler les nuances. Son écriture est musicale et teintée de références qui sont autant de fenêtres sur le monde.

Les arbres voyagent la nuit est un très joli premier roman ; un roman qui incite à prendre le temps, à partager et à s’émerveiller.

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coup de coeur

Une tendre poésie…

Manon a huit ans. Sa maman, Anaïs, a disparu depuis quelques mois. Chaque jour, la petite fille effectue son petit rituel de « ne jamais, même du bout du pied, marcher sur les traits du trottoir », de « caresser les chats deux fois sur la tête, puis cinq fois sur le dos, en respectant bien cet ordre » espérant que ceci fasse revenir sa maman. Chaque jour après l’école, elle se réfugie dans le jardin de son immeuble, sous un bouleau. Elle y parle aux chats et aux fourmis, se refermant dans un monde bien à elle. Son papa, Pierre, perdu dans sa tristesse, se morfond. Son incompréhension est totale. Manon en souffre. Elle est livrée à elle-même.
Anatole, lui, est un professeur de français à la retraite. La solitude est devenue son amie. Intrigué par cette petite fille, il va tenter de lui faire retrouver le sourire et le Petit Prince de Saint Exupéry va l’y aider.
A travers un récit tout à la fois doux, poétique, émouvant, Aude Le Corff nous emmène en voyage. Un voyage au Maroc. Un voyage qui va se transformer pour chacun de nos personnages en une découverte de soi, de l’autre. Une quête qui va les mener au plus profond d’eux-mêmes. Car détrompez-vous, sous ses airs innocents, ce récit traite de sujets profonds, sensibles, liés à l’enfance, la vieillesse, au couple, à la différence. Dès les premières lignes, nous sommes pris par ce récit, par ces nombreux détails qui nous permettent de nous attacher aux personnages, de nous plonger au cœur de leurs vies, de leurs sentiments. Vecteur de cette rencontre entre Anatole et Manon, Le Petit Prince de Saint Exupéry, n’est pas la seule référence littéraire présente dans le récit. A travers cet ancien professeur de français, Aude le Corff nous fait redécouvrir des auteurs comme Zola, Maupassant, Zweig. Un vrai bonheur !
Vous l’aurez compris, ce livre est un vrai coup de cÅ“ur tel que l’on rêve d’en avoir à la découverte d’un nouvel auteur. Ce premier roman, j’en suis sûre, laisse présager un très bel avenir d’écrivain pour Aude Le Corff !

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coup de coeur

Un premier roman plein de promesses

Comment parler d’un roman lorsqu’une émotion sous-jacente vous étreint tout au long de votre lecture, et qu’elle vous laisse en larme et presque pantelante lorsque le voyage se termine ?

Lorsqu’il découvre un auteur à travers son premier roman, le lecteur se lance à la découverte d’un nouveau continent, il part pour une véritable exploration en terre inconnue. Il revient souvent bredouille, déçu de n’avoir rien découvert de nouveau, de précieux pour sa compréhension de la vie, du monde qui l’entoure. Mais parfois, il découvre mille merveilles, des mots qui vont l’atteindre au plus profond, des mots qui vont même l’éclairer et faire s’effondrer un mur, une cloison qui l’empêchait de respirer complètement. Des mots qui vont lui permettre de se défaire d’un sentiment pesant, tenace qui attaque, bouffe, délite, violente. Voilà en substance ce que m’a permis de vivre, de ressentir Les arbres voyagent la nuit.

Le premier roman de Aude Le Corff est construit tout en subtilité autour du drame d’une famille dont la maman a choisi de s’en aller. Cette absence, cette fuite volontaire vont tout dévaster. Pierre se révèle incapable de gérer la situation et de prendre soin de Manon sa fille qui va, dès lors fuir tout contact sauf celui des chats et des fourmis. Manon refuse de se laisser approcher par sa tante Sophie une étrange jeune femme, seul Anatol le vieux voisin du dessous parvient à créer un lien en lui lisant à voix haute le Petit Prince. Et c’est cette bande de quasi éclopés au sens propre pour certains, mais surtout au sens figuré qui va à la faveur de quelques nouvelles de la maman absente prendre la route pour tenter de la retrouver au Maroc, de l’autre côté de la Méditerranée.

La force du talent d’Aude Le Corff réside dans sa faculté à se glisser avec grâce et véracité dans la peau de tous ces personnages. Qu’elle évoque les doutes de Manon, le ressenti d’Anatole, de Sophie, de Pierre ou Anaïs, elle est toujours dans le juste, dans le vrai. Le lecteur ressent au fil des pages toute la tendresse que l’auteur porte à ses personnages. Tout ce qu’elle a mis d’elle en eux. Les doutes, les questionnements, les sentiments, le vécu sonnent si vrai, si juste qu’ils ne peuvent que résulter d’un vécu et/ou d’un magnifique et formidable sens de l’observation, et de réappropriation.

Certes, lors d’un ou deux brefs passages, l’on aimerait que Aude Le Corff nous en dise un tout petit peu moins, qu’elle laisse le lecteur découvrir, qu’elle lui lâche tout doucement la main, mais ce sentiment ne fait qu’affleurer tant le lecteur est bouleversé par la quête de ces êtres bousculés par la vie.

Les arbres voyagent la nuit est un roman qui touche, qui émeut, qui étreint. Un livre qui parle de l’intime et de l’universel, de l’humain et de la nature. Un roman doux, léger et délicat, un récit juste qui parvient à toucher le lecteur en plein coeur.

Retrouver Meelly lit sur son blog

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