Couleurs de l'incendie
Pierre Lemaitre

LGF
janvier 2018
544 p.  9,20 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu
coup de coeur

Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaitre
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Une vengeance très sophistiquée

Auteur de polar, Pierre Lemaitre a fait une entrée fracassante en littérature blanche avec « Au-revoir là-haut ». Un prix Goncourt et une adaptation cinématographique plus tard, il confirme l’essai et nous propose une suite, même si ce nouveau roman peut se lire de manière tout à fait indépendante. Cette fois, il focalise son attention sur Madeleine Péricourt, la sœur d’Edouard (héros du précédent), qui est devenue la cible d’escrocs en tous genres et se retrouve en bien mauvaise posture financière. C’est à nouveau une histoire de vengeance que Lemaitre nous mitonne, une vengeance très sophistiquée… On dévore et on attend le troisième volume avec impatience !

Pascale Frey

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je joue !

jusqu'au 22 septembre 2019

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 Les internautes l'ont lu

la vengeance de Madeleine

Nous avions quitté Au revoir-là –haut avec la mort accidentelle d’Edouard Péricout. Dans le second volet de la trilogie, nous retrouvons Madeleine, sa sœur, alors que Marcel le père vient de mourir, et laisse à sa fille sa fortune et la banque.

Nous sommes dans la France des années 30 ; une guerre vient de se terminer, une autre pointe à l’horizon alors que l’Allemagne vient de porter au pouvoir Hitler.

Madeleine, dont on savait que très peu de chose, est donc mise en lumière dans cet épisode. Madeleine semble cumuler les ennuis ; le décès de son père, et au même moment l’accident de son fils laissant ce dernier bien handicapé.

Madeleine est une femme de son époque ; elle n’est pas née pour diriger ni pour gérer ; personne ne l’a initiée aux affaires de la famille. C’est donc avec toute sa crédulité qu’elle va devoir se résoudre à prendre en mains les Affaires ; avec à l’esprit un fils qui lui demande présence, soins et inventivité pour venir en aide à Paul. L’esprit ailleurs, et sa confiance tout à l’ancien bras droit de son père, elle ne va pas tarder à se retrouver Grosjean comme devant….Oui, mais….. La vengeance de Madeleine sera terrible…

Si j’ai eu un peu plus de mal à entrer dans l’histoire, et si parfois j’ai pu trouver les ficelles un peu grosses, j’ai retrouvé les talents de conteur de Pierre Lemaître, ceux qui m’avaient séduites dans Au revoir là-haut. Il y a une certaine jubilation dans son style. Lemaître croque ses personnages avec gourmandise et prend un malin plaisir à montrer les hypocrisies des uns et des autres et de cette époque.

Si ce roman est une suite, il n’en est pas moins un roman qui peut se lire indépendamment du premier ( mais ce serait dommage malgré tout), mais aussi un appel au suivant !

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Couleurs de l’incendie de Pierre Lemaitre

Madeleine, oh Madeleine, si douce, si soumise dans Au-revoir là haut, premier tome de cette trilogie (et oui maintenant c’est clair le troisième opus est annoncé sur la quatrième de couverture), vous voilà en mode revanche, vengeance, déterminée et jusqu’au « boutiste ». Qui l’aurait cru quoiqu’à la fin du premier tome, vous aviez montré le bout de votre nez ne vous laissant pas abuser par votre mari, ayant obtenu ce que vous vouliez, vous preniez en mains votre destin. Vous viviez confortablement, sans soucis majeur, oui mais voilà :  il ne fallait pas toucher à Paul, votre fils de 7 ans, la prunelle de vos yeux, la vengeance d’une mère peut être terrible et vous allez mener celle-ci froidement, sans aucune compassion pour ceux et celles qui lui ont fait du mal ainsi qu’à vous, ceux qui vous ont trompée, manipulée, abusée, mais aussi on réduit à néant le patrimoine de la famille Péricourt dont vous étiez la détentrice.

Quel conteur, Pierre Lemaitre, 535 pages qui vous tiennent en haleine,  quel documentaliste, tout est plausible, parfois actuel (je pense aux magouilles politiciennes, journalistiques et bancaires), les rouages sont bien huilés, tout s’enchaîne implacablement : une fois ouvert le livre, on ne le lâche pas. Il nous entraîne là où il a décidé de mener l’intrigue. Il plante le décor : nous sommes dans l’après-première guerre mondiale, l’ambiance, les musiques, le quotidien des personnages sont bien rendus. On entre dans la danse, on regarde, on écoute, on savoure.

Seul petit bémol, mais c’est le problème des histoires sur plusieurs tomes, c’est qu’avec le précédent roman, on avait découvert le style de Pierre Lemaitre, sa manière de faire, d’écrire et en ouvrant le deuxième on s’attend à la même verve, le même élan, il y a moins l’effet de surprise. Par contre à la différence d’autres auteurs il n’y a pas de sentiment d’ennui, de répétitions, de copier-coller. Il sait rebondir, il mène cela d’un train d’enfer mais sans arrêt prolongé, il sait où il va et nous arrivons à la fin un peu essoufflés d’une telle aventure.

Nous refermons à la veille de la deuxième guerre mondiale : les prémices sont là, les bases sont lancées, qui sera au coeur du troisième et dernier épisode de cette flamboyante histoire…… Et bien il va falloir attendre et guetter mais faisons confiance à Pierre Lemaitre.

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coup de coeur

La vengeance est un plat qui se mange froid

Nous retrouvons dans ce roman certains des personnages du magnifique roman « Au revoir là-haut ».

Madeleine Péricourt, divorcée, élève seule son fils Paul. La jeune femme n’a aucun souci financier puisqu’elle est la fille et unique héritière du très prospère banquier Marcel Péricourt.

Son destin va basculer le jour des funérailles de son père : le petit Paul chute d’une fenêtre du deuxième étage de leur hôtel particulier, atterrissant sur le cercueil de son grand-père. Madeleine va dès lors consacrer tous ses instants à s’occuper de son fils devenu invalide, accordant une confiance aveugle pour la gestion de la banque et de sa fortune à des hommes de son entourage qui vont se révéler être de sinistres rapaces.

Ruinée, Madeleine est contrainte de quitter la demeure familiale, de s’installer dans un appartement où elle a un train de vie des plus modestes. Abandonnée de tous, la jeune femme va ouvrir les yeux, comprendre les rouages machiavéliques qui l’ont poussée à sa perte.

Mais loin de se résigner, Madeleine décide de se venger même si cela lui demandera une grande ingéniosité et de la patience. D’ailleurs, la sagesse populaire ne dit-elle pas : « assieds toi au bord d’une rivière, attends et tu verras passer le corps de ton ennemi. »

Au-delà de l’histoire du roman, la peinture que Pierre Lemaître fait de cette époque (de 1927 à 1939) est passionnante : seuls les hommes se sentent légitimes pour diriger les affaires et n’hésitent pas à écraser les pauvres femmes qui pourraient se trouver sur leur chemin ; la corruption en col blanc ; les collusions entre les propriétaires de journaux et le monde politique etc….

J’ai hâte de découvrir ce que sera le troisième roman qui terminera cette trilogie.

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coup de coeur

Couleurs de l’incendie

Le premier tome de cette trilogie, prix Goncourt 2013, « Au revoir là haut » se situait dans les années 1920,et avait une trame plus tragique que ce second opus.
Rien dans ce roman n’oblige à lire le premier, même si des personnages secondaires passent ici au premier plan. De plus, cette fois, les femmes ont le premier rôle et en particulier Marguerite Péricourt, qui après le décès de son frère dans le premier tome assiste aux funérailles de son père,grand banquier( le Président de la République se déplace),dès le premier chapitre.Nous sommes dans les années 30 Ces quelques pages frappent fort le lecteur, funérailles à l’ancienne certes, mais Paul,7 ans, le petit garçon de Marguerite se jette par la fenêtre du deuxième étage et atterrit sur le cercueil de son grand père.
Il passera sa vie dans un fauteuil roulant.Le ton du roman est donné, même si sur 500p, heureusement on peut reprendre ses esprits.
Autant dire que Marguerite, seule héritière de cette immense fortune sera la proie d’une équipe de malfaisants officiellement amie, conseillers,oncle etc. Cette ruine est facilitée par le fait qu’à l’époque la gestion de la finance comme des affaires n’était pas une histoire de femmes.
Mais, Marguerite veut connaître le pourquoi de l’accident de son fils et s’offrira une vengeance digne d’A.Dumas ; On lit au galop, il y a tellement à faire !
De temps en temps l’auteur rattrape son lecteur par la main, j’aime beaucoup ces petites incises.
Il y a là une critique de la technocratie moderne, et à coup de sous -entendus P.Lemaitre fait un parallèle avec notre époque qui se prétend incarner le renouveau avec beaucoup d’ironie.
Bref, je n’ai pas eu à me forcer, c’est une lecture jubilatoire, il n’y a plus qu’à attendre le troisième et dernier tome qui se passera dans les années 40 .

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coup de coeur

Un roman flamboyant

Pierre Lemaitre nous offre la suite de son roman « Au revoir là-haut » (Prix Goncourt 2013, Prix Roman France Télévisions 2013…), le deuxième volet d’une trilogie française épatante. Après un succès certain en librairie et l’excellente adaptation au cinéma du premier volet, la lectrice s’empresse de retrouver les personnages de cette fiction géniale. Le roman a le mérite de pouvoir se lire indépendamment mais ce serait vraiment dommage. En effet, Pierre Lemaitre nous entraîne dans une fiction palpitante où il est question de trahison, de vengeance, d’amour et de désillusion. Inspiré par son maître, Alexandre Dumas, l’auteur interpelle ses lecteurs et réserve un défilé de rebondissements ; une vengeance digne du Comte de Monte-Cristo. Nous retrouvons, donc, Madeleine Péricourt, en février 1927, à l’enterrement de son père. Grande bourgeoise, Madeleine est à la tête de la fortune familiale. Héritière, à une époque où les femmes ont peu de droits, elle élève seule son fils unique, Paul. Malheureusement exposée à la cupidité des hommes, Madeleine est soudainement ruinée et déclassée. Sa vengeance sera sublime, digne des plus grands romans. Grâce au film d’Albert Dupontel, « Au revoir là-haut », le visage de Madeleine s’anime au cours de la lecture sous les traits d’Emilie Dequenne. Paul, personnage éminemment attachant, se révèle sensible et touchant ; Léonce intrigue, Vladi interpelle, Solange étonne…Derrière les mots, la lectrice ressent l’enthousiasme contagieux de Pierre Lemaitre qui, par la maîtrise de son écriture, son ingéniosité et son humour, procure un plaisir de lecture inégalable.

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coup de coeur

Comment exprimer le plaisir que j’ai eu à lire ce roman ? Je n’avais qu’une hâte : que la journée passe pour pouvoir retrouver le plus vite possible tous les personnages incroyables, si merveilleusement bien campés et souvent si attachants – ah, Vladi la Polonaise…, immense coup de coeur aussi pour Robert qui m’a fait tellement rire! Quel soin d’ailleurs accordé aux personnages secondaires ! Quand j’y pense, qu’est-ce qu’on s’est fait suer (pour rester polie) avec le Nouveau Roman et de quels plaisirs on s’est privé ! Quel fabuleux conteur que ce Pierre Lemaître, quel « fabricant d’émotions » comme il se définit lui-même !
Là, c’est un pur bonheur de lecture, une vraie jubilation : la langue est vive et pleine d’esprit (quel art de la formule!), les rebondissements nombreux (quel rythme – aucun temps mort!), les dialogues cocasses ! Qu’est-ce que j’ai ri, surtout dans la seconde partie! Quelle maîtrise dans l’art du récit ! Certains critiques parlent de Dumas, de Balzac : je suis tout à fait d’accord, et j’ajouterai même une petite ironie flaubertienne bien piquante et bien mordante qui m’a ravie. Un vrai roman tragi-comique !
La scène augurale est magistrale : en quelques pages vous êtes complètement embarqué !
Que je vous parle un peu du sujet (j’en dirai le moins possible, c’est promis, pour ne pas « spoiler » votre lecture!) Ah, une autre chose que j’ai oublié de vous préciser : je n’ai pas lu Au revoir là-haut (première partie de ce qui formera finalement une trilogie). Oui, je sais, je n’en reviens pas moi-même car ce titre (prix Goncourt 2013 – mais qu’est-ce que je faisais en 2013 pour être passée à côté ?) doit être aussi génial que le roman dont je vous parle. En tout cas, si vous n’avez pas lu le premier, aucun problème !
Donc, nous sommes à Paris en 1927 et nous assistons aux obsèques de Marcel Péricourt, riche banquier, « emblème de l’économie française » comme titraient les journaux de l’époque. Sa fille Madeleine, divorcée, mère d’un petit garçon, Paul, devient l’héritière d’une fortune colossale et d’un véritable empire bancaire, elle qui ne s’est jamais intéressée à ces choses réservées aux hommes (heureusement, les temps ont bien changé!) et qui est à peine en mesure de signer le moindre chèque ! Tout le gratin parisien est là, on attend même le Président de la République, c’est dire. Elle avait pensé épouser le fondé de pouvoir de la Banque Péricourt, un certain Gustave Joubert, un homme d’une cinquantaine d’années sérieux et économe mais elle y avait finalement renoncé. Bonne ou mauvaise décision, l’avenir le dira …
En attendant, tout ce petit monde se trouve dans la cour de l’hôtel particulier des Péricourt et l’on commence à s’impatienter d’autant que le froid se fait sentir. Mais il manque encore quelqu’un, celui qui doit se trouver en tête du cortège : le petit Paul. Mais où a-t-il bien pu se cacher ?
Stop, pas un mot de plus…
C’est une période étrange que vous découvrirez, celle de l’entre-deux-guerres : la crise de 29 arrive à grands pas, tous les coups bas semblent permis et touchent tous les secteurs : politique, économique, bancaire, journalistique, industriel…
Chacun semble prêt à faire preuve de la pire hypocrisie et des bassesses les plus méprisables : trahisons, lâchetés, mensonges, manigances, médiocrités en tous genres sont à l’honneur. Quels portrait nous livre Lemaître de l’humanité ! Quelle peinture effrayante et … si juste ! J’ai beaucoup aimé ce regard ironique qu’il porte sur les hommes (et les femmes, bien sûr). Que ne serait-on prêt à faire pour gagner plus, avoir une place en vue, se faire connaître ? Sur ce plan, je ne suis pas sûre que les choses aient beaucoup changé !
Ah la course à l’argent et au pouvoir ! D’ailleurs, certains sujets abordés comme celui de la fraude fiscale et de l’argent planqué en Suisse entrent en résonance avec notre époque et nous laissent penser que l’on n’est pas près de résoudre ces problèmes certainement immuables.
Là-dessus, se profile aussi le pire (à l’origine du titre) : la montée du fascisme et du nazisme, deux bêtes noires qui prennent racine et qui vont bientôt produire l’inimaginable.
Heureux ceux qui n’ont pas encore lu cet ouvrage ! Comme je vous envie !
Quant à moi, il me reste à attendre le prochain… Que le temps va me sembler long avant la parution du tome III !

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coup de coeur

petits arrangements entre amis

1929, la disparition du banquier Marcel Pericourt survient à une époque inquiétante tant sur le plan économique que politique.

Madeleine, sa fille, divorcée, a trouvé une solution fonctionnelle, faire de son amant André, le précepteur de son fils Paul, âgé de 7 ans, un enfant timide et bègue.
Le député Charles Péricourt, frère du défunt, n’est pas d’une intelligence supérieure mais c’est un malin et la mort de son frère peut le sortir de difficultés personnelles.

Il est prévu que Paul figure en tête du cortège funéraire auprès de sa mère. Mais Paul est allongé sur le dos, du sang coule de ses oreilles, il vient de s’écraser du deuxième étage sur le cercueil de son grand-père. Paul s’est brisé la colonne vertébrale, il ne remarchera plus jamais.

A-t-on poussé Paul et pourquoi aurait-on fait une chose pareille ?

Avec une écriture fluide et limpide, Pierre Lemaitre nous conte l’histoire d’une vengeance froide et inhumaine, la vengeance d’une femme et d’une mère flouée par l’homme de confiance de son père avec la complicité d’un oncle cupide, trahie par une employée devenue sa confidente et humiliée par un ancien amant dont la seule ambition est de devenir journaliste. Un ouvrier sera l’instrument de son impitoyable rancune.

Ce nouveau roman de Pierre Lemaitre ressemble aux plus belles pages d’Emile Zola, il a le talent de nous faire revivre cette période d’entre-deux guerres à travers des personnages d’une grande force. Les trafics d’influence, les petits arrangements entre amis, les magouilles, le boursicotage nouveau sport à la mode, les scandales bancaires,les fraudes fiscales les pratiques douteuse de la presse, l’auteur dénoncent les milieux d’affaires et de la politique, et ceux qui les fréquentent. A travers Paul nous vivons aussi la montée du nazisme en Europe avec ses terribles lois d’exclusion, ainsi que les débuts de la publicité et sa force de persuasion.

Une intrigue efficace et bien documentée, une galerie de personnages qui recréent cette période trouble entre deux conflits, un roman qui met en avant, que 80 ans après, bien des maux de notre société sont bien encore présents. Une vraie réussite, un gros coup de coeur.

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