Son carnet rouge
Tatiana Rosnay (de)

Le Livre de Poche
avril 2014
192 p.  6,90 €
ebook avec DRM 10,99 €
 
 
 
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Ciel ma femme !

Tatiana de Rosnay décline le verbe tromper à tous les temps, mais presque exclusivement au masculin. On sent qu’elle s’est beaucoup amusée à mettre en scène toutes sortes de situations scabreuses, à se jouer de la naïveté des hommes qui trompent et n’imaginent pas une seconde se faire prendre la main dans le sac (façon de parler), et de la crédulité des femmes capables de croire n’importe quelle énormité par peur de la solitude. La romancière, qui nous a déjà prouvé à plusieurs reprises que son imagination ne connaissait aucune limite, s’empare de tous les moyens (traditionnels ou technologiques) comme le journal intime, le baby call, le répondeur et bien sûr Internet pour explorer l’adultère. Avec elle, la vengeance est un plat qui se déguste chaud. Mais bien sûr, qui dit adultère dit couple, et c’est aussi une amusante manière de l’évoquer. Et comme une femme avertie en vaut deux, Tatiana de Rosnay s’éloigne rarement de son charmant mari, Nicolas Jolly   !

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Pas de quoi en faire un drame

En ces temps troublés de crise économique et de sinistrose, ce sont les « feel good books » qui font recette et la lucidité en littérature n’est pas le meilleur moyen de s’assurer de bonnes ventes. Toutefois, Tatiana de Rosnay, on le sait, ignore les stratégies commerciales. Elle a pour habitude d’explorer les coins obscurs et inquiétants et de révéler les angles morts. Elle aime mettre à jour les choses cachées. Ce recueil de courtes nouvelles, qui exploite le thème d’infidélité amoureuse, ne fait donc pas exception.

La trahison et l’adultère sont au centre de chacune de ces saynètes très réalistes et qui nous paraissent si familières car, chacun d’entre nous a vécu au moins une fois, parfois plusieurs fois, ce type d’aventure. L’infidélité en 2014 est souvent révélée par la technologie, les SMS, les répondeurs ou messageries téléphoniques, les clés USB et même parfois, par le Toki-Baby, ce petit instrument qui sert à écouter et surveiller les jeunes enfants à distance.

Certains pourtant utilisent encore les petits carnets, à l’ancienne, comme ce fameux carnet rouge, de la couleur de la passion, le premier élément à charge à entrer en scène, celui dans lequel un homme a soigneusement noté les noms de toutes ses conquêtes, épisode directement inspiré de la vie réelle de l’écrivaine.

Evidemment la lecture de ces nouvelles ne donne pas une image optimiste et naïvement romantique de l’amour mais l’ouvrage n’en demeure pas moins agréable à lire. Les histoires sont rédigées avec une certaine légèreté et espièglerie qui dédramatise, certaines sont même assez amusantes. L’auteure nous propose sa propre vision de l’amour qui, selon elle, doit intégrer l’infidélité, jugée inévitable. Elle n’en fait pas tout un drame, elle préfère en faire de petites histoires pour notre plus grand plaisir. A nous d’inventer le revers de la médaille et de composer, pourquoi pas, notre propre recueil dans lequel la technologie serait utilisée au service de la passion et de l’amour fou.

Véronique Cheyrias

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