Vinegar Girl
Anne Tyler

traduit de l'anglais par Cyrielle Ayakatsikas
10-18
mai 2018
234 p.  7,10 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu

Une bluette assaisonnée

On est ravi de retrouver l’auteure d’« Une bobine de fil bleu » dans ce nouveau roman habilement mené, une histoire de mariage arrangé dans la middle-class américaine contemporaine : pince-sans-rire, drôle et profond sans avoir l’air d’y toucher.

Un mariage blanc pour la bonne cause

Le Dr. Battista, chercheur universitaire de Baltimore, est au désespoir : le visa de son indispensable assistant russe est sur le point d’expirer ; si Pyotr Cherbakov est renvoyé dans son pays, des années de recherches scientifiques seront réduites à néant. Mais tout n’est peut-être pas perdu si la fille aînée du Dr. Battista accepte d’épouser Pyotr. Sauf que l’idée de ce mariage blanc n’est pas du tout du goût de Kate. Certes, cette trentenaire célibataire n’a pas de vie sociale en dehors de son travail d’assistante maternelle qu’elle déteste, et ne voit aucune échappatoire à la maison familiale où elle s’occupe des tâches ménagères pour les deux égoïstes que sont sa jeune sœur écervelée et son savant de père. Mais de là à devenir Madame Cherbakov pour une carte verte, pas question de rejouer « La Mégère apprivoisée » !

Le diable dans les détails

Peu à peu, la romancière abat ses cartes et met au jour des personnalités plus ambiguës qu’il n’y paraît. Si l’on reproche à Kate sa trop grande franchise, son manque de tact et d’aménité, Pyotr au contraire semble apprécier cette nature farouche. De fait, l’assistant du Dr. Battista se révèle moins docile qu’on ne le croit. C’est par son sens du détail, son art du second degré et son ironie douce-amère qu’Anne Tyler rend cette histoire piquante. Ne cédant jamais aux ficelles de la comédie, elle creuse finement le sillon de la satire familiale, dénonçant bienséance et règles sociales jusque dans le langage, dans un jeu de dissection franchement jouissif, surtout quand la bluette tourne au vinaigre !

 

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je joue !

jusqu'au 31 mai 2019

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 Les internautes l'ont lu

Anne Tyler a ses petites habitudes : ses personnages principaux sont toujours des femmes et le lieu de prédilection de ses roman est la ville de Baltimore.

» Vinegar girl » ne déroge pas à la règle. Mais il y a une variante : ce roman est beaucoup plus léger que les autres, comme si l’auteure avait eu envie de s’amuser.

Kate Battista vit avec son père et sa jeune soeur Bunny. Chercheur scientifique, presque aussi inapproprié à la vie hors de son laboratoire que le Pr Tournesol, le père de Kate se repose sur la jeune femme pour gérer tout le quotidien depuis la mort de sa femme.

Kate, la trentenaire et toujours célibataire, se laisse vivre entre les tâches ménagères et son emploi d’assistante dans une école maternelle (où elle est souvent convoquée par la directrice en raison de ses réparties caustiques auprès des parents d’élèves). Ce n’est pas la déprime mais elle a bien conscience que cette vie ne la mène nulle part : elle a arrêté ses études et aucun petit ami ne se profile à l’horizon.

Quand son père lui propose, de façon plutôt balourde, d’épouser son assistant de recherche, de nationalité russe et dont le visa arrive à expiration, Kate lui oppose un refus catégorique, même pour le bien de la science !

Cependant, la jeune femme va réviser son jugement et finalement changer sa vie.

Ce roman d’à peine 240 pages se lit quasiment d’une traite et de façon extrêmement plaisante. Sa lecture, pour ceux qui ne la connaissent pas encore, est une bonne façon d’aborder l’oeuvre d’Anne Tyler qui est si habile à dépeindre la société américaine.

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