Anatomie d'un scandale
Sarah Vaughan

traduit de l'anglais par Alice Delarbre
Préludes
preludes litter
janvier 2019
448 p.  16,90 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu

#metoo à l’anglaise

Sa palette romanesque est multicolore. Dans « La meilleure d’entre nous », elle imaginait une résilience par la pâtisserie. Avec « La ferme du bout du monde », une histoire d’amour trouvait son apothéose des décennies plus tard. Et voici qu’avec « Anatomie d’un scandale », elle se lance dans le thriller psychologique avec le savoir-faire d’une polardeuse.

Kate, une avocate de talent mais qui n’a pas encore donné toute sa mesure, se voit offrir l’affaire qui pourrait accélérer sa carrière. James Whitehouse, politicien et proche ami du premier ministre, a eu une liaison avec son assistante, Olivia. Tristement banal. Ce qui l’est moins, c’est que cette dernière l’accuse de l’avoir violée. Leur histoire était terminée depuis une semaine lorsque, dans un ascenseur, James lui sauta dessus sans prendre le temps de lui demander son avis. Sophie, la femme de James, pouvait fermer les yeux sur une brève aventure, mais une histoire de viol, c’est une autre chanson. Croit-elle ce mari, qu’elle adore depuis qu’elle l’a rencontré à Oxford, capable de violence ? Olivia était-elle consentante et utilise-t-elle ce prétexte pour se venger de la rupture ou est-elle vraiment une victime de cet homme qui s’est toujours senti tout permis ? L’avocate a forte partie à jouer, surtout qu’elle même, étant donné son passé douloureux, n’est pas tout à fait neutre dans cette affaire. Comme elle l’avait fait dans son précédent roman, Sarah Vaughan alterne deux périodes, la première éclairant la seconde. Tous les personnages sont ambigus, ni complètement méchants, ni complètement gentils. Comme dans la vie. Ils ont leur part d’ombre et c’est bien évidemment ce qui les rend intéressant. En tout cas, à l’ère de #metoo, ce roman tombe à point nommé et il se dévore.

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 Les internautes l'ont lu

Autant le dire tout de suite, j’ai tout de suite été accrochée par ce roman construit autour de deux héroïnes de façon parallèle.

D’un côté, il y a Kate Woodcroft, 42 ans, divorcée, avocate pénaliste, conseillère de la reine, et spécialisée dans les crimes à caractère sexuel.

De l’autre, Sophie Whitehouse, même âge, mariée à James dont elle a deux enfants. Son mari, député et très proche du Premier Ministre fait l’objet d’une plainte pour viol par son assistante parlementaire avec qui il a eu une liaison.

Kate est chargée du dossier d’accusation et a pour objectif de faire condamner l’accusé.

Sophie ne peut croire à la culpabilité de son mari et veut le soutenir envers et contre tout.

Si la tenue du procès tient une large place dans le roman, on découvre également ce que fut la jeunesse des protagonistes de l’histoire. Tous furent étudiants à Oxford à la même époque.

James Whitehouse, fils d’aristocrate, faisait partie des confréries les plus anciennes et réputées des college d’Oxford. D’où un sentiment d’impunité et un comportement manipulateur qui lui a toujours permis d’éviter les situations compliquées.

Sera-t-il condamné ? Finira-t-il par avoir le retour de boomerang de ses attitudes passées ? C’est tout le sujet du roman qui nous tient en haleine jusqu’à la dernière page.

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