La Disparition d'Adèle Bedeau
Graeme MACRAE BURNET

traduit de l'anglais par Julie Sibony
Sonatine
août 2018
288 p.  21 €
ebook avec DRM 14,99 €
 
 
 
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La Disparition d’Adèle Bedeau de Graeme Macrae Burnet

Dans la Préface, on peut lire : « La Disparition d’Adèle Bedeau » de Graeme Macrae Burnet (un auteur écossais), connut un succès modéré lors de sa publication initiale en 1982, mais, après avoir été porté à l’écran par Claude Chabrol en 1989, ce roman fut l’objet d’un certain culte, en particulier parmi les étudiants de l’époque . » (p.7).
Mas d’autre part, « Dans la préface de son récit autobiographique « Pedigree », Georges Simenon écrivait : « tout est vrai sans que rien ne soit exact. » Une formule qui convient parfaitement à « La Disparition d’Adèle Bedeau . »
Quant à l’écrivain (lequel ?), décédé très jeune  : « Sa mort ne lu valut que deux lignes dans l’Alsace » : «Le romancier Raymond Brunet, originaire de Saint-Louis, s’est jeté sous un train hier. Il avait 38 ans. Sa mère, lui survit. » (p.14)
Alors, finalement, qui est vraiment l’auteur ? La révélation est faite à la fin de la préface.

Mais il est temps de s’intéresser à l’histoire, cette disparition d’une jeune serveuse, Adèle.
Le plus gros du récit est surtout basé sur la description de deux personnages : Manfred Bauman et l’inspecteur Georges Gorski. Le tout se passe dans une petite ville d’Alsace, Saint-Louis.
Manfred, responsable de la banque de sa ville, a l’habitude de prendre ses repas au restaurant « La Cloche ». Il y est très attiré par le physique d’Adèle, qui lui donne pas mal de palpitations. Célibataire, il a l’habitude de se rendre « Chez Simone », une maison close, un peu en dehors de Saint-Louis et c’est un rituel.
Mais un jour, Adèle est absente du restaurant sans avoir prévenu qui que ce soit.
Au bout de deux jours, Gorski s’empare de l’affaire bien étonnante car d’habitude, il ne se passe rien ici. En effet, la précédente affaire importante a eu lieu plus de vingt ans auparavant.

Vont s’ensuivre de longues descriptions sur ces deux hommes, sur les interrogatoires, les suppositions, les positions des deux protagonistes, comme un jeu du chat et de la souris. Qui sera le plus malin ?
L’enquête est très minutieuse, l’ambiance est glauque, un meurtre a lieu …

Manfred et Gorski ont bien des points en commun : ils sont tous deux meurtris par la vie.
Les approches de Gorski se font d’une façon assez particulière, beaucoup de doigté pour son « suspect numéro Un ». Mais il ne va pas le lâcher et l’enquête va durer bien longtemps avec quelques rebondissements, des flashbacks et c’est là que l’histoire accélère un peu.
Si j’ai trouvé la première moitié du livre d’une vitesse trop lente, c’est ensuite que j’ai été plus intéressée. Jusqu’à la fin on se demande ce qui est arrivé à la jeune Adèle Bedeau, sans parler du reste….

Pendant toute la lecture de l’ouvrage on voit que l’évidence n’est pas toujours la vérité. La grisaille ne nous quitte pas (rien d’étonnant pour un roman policier).
Dans ce livre traduit par Julie Sibony, on peut lire (en quatrième de couverture) que : « Graeme Macrae Burnet nous démontre ici avec une incroyable virtuosité que la banalité n’existe pas : elle est la couverture de l’inattendu. »
Une bonne transition pour dire quelques mots sur la couverture du livre : bien réussie avec le « Tabac le Gallia » la nuit avec une rue déserte : du rouge, quelques touches de couleur, de la lumière à l’intérieur alors qu’à l’extérieur c’est l’obscurité qui règne.

Quant au dénouement, il se révèle bien surprenant et démontre qu’il fallait bien lire ce livre jusqu’au bout. Je ne m’y attendais pas du tout, d’où ma surprise qui m’a réconciliée avec le début et j’ai donc revu mon jugement (et ma copie).

On peut donc dire, une fois de plus, que cette rentrée littéraire 2018 n’a pas fini de nous faire connaître des auteurs et des ouvrages intéressants et variés.

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