Luca
Franck Thilliez

Fleuve Éditions
mai 2019
550 p.  22,90 €
ebook avec DRM 17,99 €
 
 
 
 Les internautes l'ont lu
coup de coeur nuit blanche

Deux remarques pour commencer :
1. dans le genre addictif, on ne fait pas mieux : prévoyez des nuits courtes, très courtes même, et les journées de zombie qui vont avec.
2. je suis très impressionnée par l’immense recherche documentaire que suppose l’écriture de ce roman. Quel boulot !
Alors, autant le dire tout de suite : ce polar est EXCELLENT et a tout d’un grand. Dès les trois premières pages, vous êtes ferré. Impossible de lâcher. Sur un rythme hyper soutenu, vous allez de rebondissement en rebondissement tandis que les ramifications se multiplient de façon incroyable. Et vous vous dites : ce n’est pas possible, il ne va pas pouvoir opérer des liens. J’imagine l’auteur face à un immense tableau blanc recouvert de noms, de flèches, de schémas. Tout est pensé, étudié, calculé au millimètre près… Quelle construction ! Je suis bluffée par ce travail titanesque, preuve que l’on a affaire à un pro du polar.
Autre chose encore : vous allez ressortir de là un peu effrayé par les thèmes abordés : très réalistes et en lien direct avec notre société moderne. Vous serez secoué. Ce roman donne à réfléchir : le monde décrit est le nôtre et franchement, on se demande ce qu’on est venu faire dans cette galère…
Allez, commençons !
Un couple en mal d’enfant a donné rendez-vous via un site Internet logé en Belgique à une mère porteuse pour une GPA dans une chambre d’hôtel de la région parisienne : le mari s’y rend, l’insémination artisanale a lieu. Si ça marche, la jeune femme contactera le couple et enverra une échographie puis il faudra attendre l’accouchement. À ce moment-là, ils devront suivre à la lettre les conditions exposées par celle qui se fait appeler Natacha. Le tout en échange d’une belle somme.
Un an après ces événements, nous découvrons le commandant Franck Sharko avançant péniblement dans la forêt de Bondy en compagnie de sa femme Lucie Henebelle et du lieutenant Pascal Robillard. Un randonneur a trouvé tôt le matin le cadavre d’un homme nu et éventré dans une fosse carrée. L’homme a été à moitié dévoré par une bête surdimensionnée. Horrible.
Un peu plus tard, dans la même journée, tandis que Nicolas Bellanger, un collègue de Sharko, s’apprête à franchir la porte du Bastion (adieu le 36 quai des Orfèvres), il est accosté par un homme effrayé qui veut remettre une lettre à la police… À peine a-t-il le temps de transmettre sa missive qu’il s’écroule par terre, mort.
Les flics découvrent l’objet du courrier signé « L’Ange du futur » et accompagné d’une adresse mail : le message est clair. Les GAFA veulent tout maîtriser et notamment notre cerveau. Nous devenons pour eux des produits, ils nous ôtent nos libertés et nous leur fournissons, chaque jour, de quoi alimenter leurs données. La lettre va encore plus loin : les scientifiques veulent améliorer l’homme, le rendre immortel : place à l’intelligence artificielle, aux manipulations génétiques, au transhumanisme qui vont s’emparer de nous et de nos vies.
L’Ange n’a pas l’air content. Vraiment pas.
Sharko est inquiet. Il leur reste à se connecter au site et ce qu’ils découvriront est terrible, impensable : l’horreur même !
Ne souhaitant pour rien au monde divulgâcher le roman, je m’arrête là.
Franchement, c’est du bon polar qui dénonce les dérives d’un monde qui est le nôtre : l’homme joue à l’apprenti sorcier et se veut immortel, il croit tout maîtriser alors qu’au fond il est manipulé par les GAFA, il se croit tout-puissant et vole un peu trop près du soleil…. Comme Icare, il risque à tout moment de se brûler les ailes. La chute sera brutale si tant est qu’il puisse se redresser….
Ce roman, terrible par toutes les problématiques qu’il soulève, baigne dans une atmosphère de fin du monde : il est sans cesse question des inondations, récurrentes ces dernières années, et qui apparaissent comme un avertissement de la nature.
L’équipe de Sharko devra affronter le pire… Et là, croyez-moi, c’est le PIRE du PIRE….
Magistral !

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