4 3 2 1 (français)
Paul Auster

Coédition Leméac
janvier 2018
1024 p.  28 €
ebook avec DRM 12,99 €
 
 
 
 Les internautes l'ont lu
coup de coeur

Paul Auster n’avait pas vraiment habitué ses lecteurs à des romans aussi volumineux.1030 pages, il fallait le faire ! Mais surtout, il fallait le lire !!

Qu’avait –il tant donc à nous dire qui occupe autant de pages dans un livre qui devait être bien lourd à l’usage ? (J’ai préféré la légèreté de ma tablette numérique…)
La réponse est en réalité un peu complexe, ou du moins, un peu ambiguë. La trame de ce roman est à la fois simple tenant en peu de chose, et pourtant riche tentaculaire.

4321, est en fait 4 romans en un seul.
Archibald Ferguson nait en 1947 dans le New Jersey, dans une famille juive originaire d’Europe de l’est.
A partir de là, Paul Auster va imaginer 4 destins pour Ferguson dont les seuls points communs seront ses parents, sa génétique, et puis, choses très importantes, non négociables si j’ose dire : le sport, l’écriture, la littérature, les femmes…

Il tente de répondre de 4 manières différentes à une question récurrente de chacun d’entre nous : et si cela n’était pas arrivé, aurais-je pris le même chemin de vie ?

Ainsi il y aura 4 Ferguson, qui selon que son père meurt, ses parents divorcent, ou à contrario restent uni ; qui selon les revers ou non de fortune…

Tout au long de ce long roman, Paul Auster fait défiler 20 ans d’histoire américaine, et pas des moindres, nous immerge au cœur des années Vietnam, la lutte pour les droits civiques….

Paul Auster, francophile et francophone ponctue son roman de nombreux clins d’œil, allusions et hommages à la France dont il connait si bien notre littérature, et notre langue.

Un roman d’une telle ampleur ne peut éviter les longueurs ; et il y en a eu ; mais sans que cela n’entache mon élan ni mon envie de mener cette lecture à son terme.
Il y a d’abord la traduction impeccable de Gérard Meudal. De plus, Paul Auster a su grâce à une construction originale, et un parfait équilibre entre les différents Ferguson et ses étapes de vie, ne pas alourdir son propos, et maintenir un dynamisme, et notamment dans les longueurs ressenties (mon propos est personnel, et bien entendu n’engage que moi).

Je ne sors pas essorée de cette lecture, mais au contraire admirative du souffle qu’il émane de ce roman. Du grand Paul Auster, assurément !

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Découverte de Paul Auster à travers ce roman …… 1016 pages …. je n’ai pas choisi la facilité me direz-vous mais que ne ferait-on pas pour un comité de lecture, pour l’amour de la littérature, par curiosité aussi !

Je crois avoir fait l’essai de le lire il y a quelques années mais je n’en garde aucun souvenir et je ne sais même pas si je suis allée au bout du livre ! C’est tout dire.

Que serait notre vie si dès le départ les dés sont pipés : une erreur sur le nom de famille à l’arrivée de cette famille à Ellis Island, lorsque cet émigré russe hésite à révéler son nom de famille : Reznikoff de peur d’être refoulé et sur les conseils d’un compatriote et avec un accent déplorable celui-ci révèle : Ikh hob fergessen (J’ai oublié) et que l’employé comprend : Fergusson.

Voilà tout commence déjà par un changement d’identité puis l’auteur a décidé de donner 4 destins à son héros. Archie Isaac Fergusson aura 4 vies possibles, 4 destinées suivant les événements : argent, décès, opportunités, rencontres, amour etc….

Le roman est dense, les phrases sont parfois longues, interminables, il y a un gros travail pour décortiquer les pensées, les visions, les aspirations de Fergusson. C’est un roman/chronique d’une tranche de vie de 0 à 20 ans d’un américain, issue de l’immigration, juif et aspirant à devenir écrivain. On pénètre dans son conscient et parfois son insconcient.

Une part de Paul Auster lui-même ? Oui sûrement (j’ai lu qu’il a été très marqué par le décès brutal d’un de ses amis suite à un anévrisme cérébral et qu’il reprend d’ailleurs dans une de ses vies d’Archie), car il reprend beaucoup de sa vie, de son amour de la France, de ses écrivains, de son amour de New York etc…. et c’est là justement ce que je reprocherais à ce roman. On se perd dans des détails certes intéressants pour des néophytes de la « pomme » mais qui noient un peu la narration. Je pense, mais ce n’est que mon avis, que le livre aurait pu faire 300 à 400 pages de moins pour le public français.

Je me suis attachée à une version du personnage de Fergusson, celui qui me correspondait le plus, certains personnages comme Amy sont présents dans les 4 versions, avec bien sûr car c’est le but du jeu d’écriture, des rôles différents comme pour l’ensemble de son entourage, et je me suis attachée à lire dans le sens où l’auteur nous le propose, quitte à prendre des notes afin de m’y retrouver, mais je pense que la lecture par numéro de Fergusson est possible et peut être commandée pour des lecteurs accrochant moins au aller-retours entre les destins différents.

Archie Fergusson a 4 possibilités, ses amis, ses parents et ses relations aussi. Des personnalités différentes suivant les circonstances. Un gros travail de mémoire, de documentation pour montrer également que rien n’est anodin, qu’un événement politique, personnel ou familial peut tout changer et que votre vie peut prendre un autre chemin.

Chroniques d’une Amérique des années 50/60, politique, religieuse, raciste, classes sociales, oui c’est cela Paul Auster, 1016 pages pour un tour d’horizon de son Amérique suivant qui l’on est.

Lecture ardue par moment, longue, très longue même si j’ai eu des moments de plaisir à suivre ce jeune homme plein d’amour de la littérature, du cinéma, des rues de sa ville et de ses Universités. A conseiller à des vrais amateurs de littérature, amoureux des mots, des ambiances et des expériences littéraires.

J’ai déjà prévu de lire Trilogie New-Yorkaise et Moon Palace pour me faire une véritable opinion sur l’auteur, mais pas tout de suite, je vais me laisser le temps de me décharger de ce pavé.

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