Ásta
Jón Kalman Stefánsson

Grasset
août 2018
496 p.  23 €
 
 
 
 Les internautes l'ont lu
coup de coeur

Un amour islandais

Ce roman islandais est superbe, sa conception a du demander du temps et de la méthode à l’auteur, et au traducteur Eric Boury, exceptionnel, parce qu’il s’agit d’un puzzle qui se met en place à la lecture sans effort.
Un homme tombé d’une échelle va mourir, et sa vie ainsi que celle de tous les êtres aimés défile, il pense raconter tout cela à une passante qui le réconforte.
Asta est avant tout une histoire d’amour, de grand amour, d’abord de cet homme, Sigvaldi et de sa première épouse Helga, femme trop excessive qui l’abandonnera ainsi que leurs deux petites filles Sesselja et Asta(qui veut dire amour).
Puis changement de rythme, c’est Asta, qui après avoir aimé sa nourrice la quitte pour « une cession de rééducation » et une histoire d’amour qui aurait pu être belle et qu’elle n’oubliera jamais. Une enfant confiée à son père et sa belle-mère.
Une vie chaotique qui mène Asta pour des études à Vienne entre autres.
Les fjords de Norvège et Reykjavik font partie de ce roman tellement maîtrisé, où s’enjambent les époques sans chronologie, on y trouve des lettres, on en devine l’auteur, se mêle aussi la voix de l’écrivain. C’est un roman curieux, charnel, politique, et aussi il parle d’amour paternel par le récit conscient ou inconscient de Sigvaldi au moment de mourir.
Ce livre, qui ne s’oubliera pas est une performance réaliste et poétique.

partagez cette critique
partage par email