La maîtresse de Carlos Gardel
Mayra Santos-Febres

Zulma
litterature
janvier 2019
305 p.  22,50 €
 
 
 
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Cet ouvrage est le coup de coeur de la librairie La Lison à Lille dans
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Dernier tango à Porto Rico

Carlos Gardel, le plus illustre chanteur de tango de tous les temps (1890-1935), se rend en tournée sur l’archipel de Porto Rico en avril 1935, quelques mois avant sa mort tragique dans un accident d’avion. L’auteure s’empare de ce fait réel pour créer son héroïne, la jeune Micaela Thorné, qui devient sous sa plume la maîtresse de celui qu’on surnomme le Bardo (le Barde). Sensuel, envoûtant, chatoyant, le livre n’est pas le récit d’une romance mais celui de l’émancipation d’une femme qui veut s’extraire de sa condition et devenir médecin, et d’un homme qui est sorti de la sienne pour incarner la voix du tango argentin dans le monde.

A son arrivée à Porto Rico, le grand Carlos Gardel est malade de la syphilis depuis longtemps déjà. En proie à une crise qui met en péril son spectacle, il fait appel à la vieille Mano Santa, célèbre guérisseuse de l’île, qui se rend à son chevet avec sa petite-fille Micaela, élève infirmière, afin de lui administrer un remède secret de sa fabrication. Une fois sur pied, le roi du tango et séducteur impénitent demande à Micaela de l’accompagner le temps de son séjour sur l’île. La jeune fille abandonne tout, ses cours, sa grand-mère et leur pauvre maison, pour partager quelques jours avec le chanteur qui l’initie à l’amour tout en lui faisant le récit de sa vie. Si Micaela est fière d’être « la femme » au bras de la vedette, enivrée par ces jours et ces nuits de passion, la vie de cocotte entretenue attendant son amant dans des chambres d’hôtels de luxe l’ennuie, et elle se remet bientôt à la lecture de ses livres. Le secret des plantes hérité de Mano Santa constitue un sésame pour les études de médecine qu’elle ambitionne et les futures recherches associées au programme de contrôle des naissances qui s’amorce sur l’île. Entre désirs personnels et vie facile, notre héroïne choisira la voie de la liberté, non sans avoir été contaminée par la mélancolie inhérente à la musique de son amant, celle des rêves déçus et des compromis. Dans une langue souple et sensorielle, Mayra Santos-Febres construit un beau roman avec une héroïne fascinante sur les femmes et leur libération.

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