Les fureurs invisibles du coeur
John Boyne

JC Lattès
romans etrangers
août 2018
580 p.  23,90 €
 
 
 
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Avec pour toile de fond l’Irlande de 1945 à 2015, la vie de Cyril Avery n’a pas été un long fleuve tranquille. Sa mère naturelle l’a abandonné le jour de sa naissance et il a été confié par une soeur rédemptoriste bossue à un riche couple en mal d’enfants : Charles et Maude Avery.

Lui est banquier, elle est écrivain. S’ils ne sont pas maltraitants, Charles et Maude rabâchent à longueur de temps au jeune Cyril qu’ils sont ses parents adoptifs et que lui-même n’est pas un véritable Avery.

Le jeune garçon grandit sans réelle affection et dans la solitude. Ce n’est qu’arrivé à l’adolescence qu’il va créer des liens d’amitié avec Julian, son compagnon de chambre d’internat. Mais cette amitié est plutôt un amour profond et secret que Cyril porte à Julian.

En effet, dans une Irlande dominée et dirigée par l’Eglise catholique, où les prêtres sont tout puissants et dont les comportements ne sont jamais remis en cause par la société, il ne fait pas bon être homosexuel. D’ailleurs, il est coutumier de dire que l’homosexualité n’existe pas en Irlande !

Cyril devra alors apprendre, comme tous les autres, à cacher sa préférence sexuelle, à tricher et se contenter d’étreintes sordides à la sauvette. Dans un dernier élan de désespoir, il finira même par se marier.

Heureusement, son instinct de survie sera le plus fort lui donnant le courage de quitter l’Irlande où il étouffe. Nous le suivrons alors aux Pays-Bas puis aux Etats-Unis dans sa quête d’amour et de liberté.

John Boyle dresse dans ce roman un portrait magnifique d’un homme qui n’aspire qu’à être lui-même face aux préjugés, à l’hypocrisie de toute une société dominée par les doctrines de la religion où l’amour de son prochain et la tolérance sont loin d’être appliqués.

Du jeune homme timide qui souffre à l’homme mûr, puis au vieil homme en fin de vie qui assume pleinement qui il est, on suit avec grand intérêt et empathie la vie de Cyril Avery.

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