Oh, Roméo
Merete Pryds Helle

Gaïa
avril 2018
160 p.  10 €
ebook avec DRM 9,99 €
 
 
 
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« Pourquoi es-tu Roméo ? »

Hommage, réécriture, adaptation, actualisation, transposition, inspiré de, lorsqu’un roman s’apparente de près ou de loin à l’univers de Jane Austen on parle d’une Austenerie, et ça passe très bien. Quand il s’agit de William Shakespeare, c’est moins évident. Shakespearerie ? Imprononçable ! C’est pourtant l’exercice auquel s’est livrée Merete Pryds Helle en déplaçant l’intrigue de Roméo et Juliette au Danemark, en 2005. Juliette est une thésarde en médecine légale (chercheuse à la morgue), Roméo est un immigré iranien traumatisé par la guerre (frappante image que celle des peaux qui se froissent) qui, en attendant de pouvoir faire des études de médecine, conduit un taxi. La trentaine dépassée, ils sont seuls tous les deux. Juliette s’inscrit sur un site de rencontres, Roméo a le béguin pour une nana pas libre. Leurs familles respectives sont opposées en toutes choses (à l’exception d’un goût commun pour les poissons d’aquarium), le père de Juliette étant par ailleurs un membre actif du parti d’extrême-droite. Le tout finit mal, comme il se doit.
Ce roman a paru l’an dernier en poche même s’il n’avait pas rencontré un grand succès lors de sa parution en broché, il y a déjà dix ans. Dix ans c’est suffisant pour l’avoir oublié si d’aventures on en avait eu écho à l’époque, et surtout pour le détacher d’un genre auquel on avait pu l’assimiler. C’était l’époque du succès de Katarina Mazetti et ça fleurait bon la chick-lit, mais, à mes yeux en tout cas, ça n’en est pas.
Dix ans ont passé mais les problèmatiques effleurées dans ce roman (en cent cinquante pages, on n’approfondit pas) sont d’une actualité brûlante et on se prend à la plume, notant au passage ce qui relève du texte original et ce qu’y apporte Merete Pryds Helle, comme par exemple l’accès aux pensées de Juliette grâce à son blog, et le recours à une phrase gimmick en ce qui concerne Roméo.
Sur une base absolument tragique il nous vient des bribes des Rita Mitsouko (Les histoires d’A.) et d’Alain Souchon (Ultra Moderne Solitude), j’ai beaucoup aimé !

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