Chasseurs de neige
Paul Yoon

Editions Albin Michel
litt.generale
mars 2016
191 p.  19 €
 
 
 
 Les internautes l'ont lu
coup de coeur

Une perle

A la fin de la guerre de Corée, Yohan, dernier prisonnier du camp n’a pas voulu être rapatrié dans son pays, la Corée du Nord. Le camp américain va fermer et on lui propose de partir au Brésil où un travail l’attend. Nous sommes en 1954, Yohan part vers un pays qu’il ne connait pas dont il ignore la langue. Il débarque par une journée pluvieuse. Une fillette en vélo lui donne un parapluie, qu’il gardera toujours. Le voici devant la porte de son nouvel employeur, Kiyoshi, tailleur japonais exilé de la seconde guerre mondiale, la porte de sa destinée. Une nouvelle vie débute pour Yohan en la compagnie silencieuse et attentive de Kiyoshi. L’intégration se fera doucement, sans heurts apparents presque par cercles concentriques, vous savez comme le caillou qui tombe dans l’eau. Il y a Peixe qui est devenu son ami et connait l’histoire de chacun ; Bia et Santi, ceux du parapluie, que Kiyoshi, puis Yohan, laissent entrer dans le magasin, sorte de refuge, havre de paix dans leur existence de vagabonds refoulés par les habitants. Avec cette famille reconstituée, Yohan a pu continuer sa vie sans pour autant exclure « les chasseurs de neige », la guerre, la mort, de ses cauchemards. J’ai vraiment beaucoup aimé l’écriture minimaliste, épurée, poétique de Paul Yoon. Pas besoin de phrases longues, ampoulées… pour nous faire ressentir, nous faire comprendre les difficultés de Yohan. La vie quotidienne et ses difficultés est magnifiée par les mots de Paul Yoon La filiation, la transmission, la solidarité, l’amour, la résilience sont au cœur de ce très beau livre. Un coup de cœur.

partagez cette critique
partage par email