De l'autre côté des flammes
Sophie-Marie Dumont

Genèse Édition
septembre 2019
181 p.  20 €
 
 
 

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 Les internautes l'ont lu
nuit blanche

Tout le monde je pense en Belgique se souvient de cet événement tragique survenu le 22 mai 1967; l’incendie de l’Innovation rue Neuve à Bruxelles. Je n’avais pas trois ans mais cela fait partie de notre mémoire collective.

Laurence Bodart est née le jour de cet incendie qui a vu périr son père Lucien. Elle souffre de pyrophobie depuis son enfance. Se retrouvant seule suite à l’échec de son couple, elle décide qu’il est temps de reconstituer le puzzle de son enfance orpheline et propose à son journal d’enquêter et de rouvrir ce lourd dossier joignant sa quête personnelle en cherchant les causes de ce drame collectif.

Elle souffre comme de nombreuses autres familles de victimes de ce drame. Elle décide de créer un groupe Facebook pour retrouver d’autres personnes souffrant comme elle, discuter, entendre des témoignages, refaire l’enquête classée sans suite il y a presqu’un demi-siècle.

Elle cherche la trace du père, Lucien Bodart, électricien en chef à la Monnaie. Ce sujet est tabou, sa mère s’enfermant dans le mutisme à chaque fois qu’elle aborde le sujet.

Incendie accidentel ou incendie criminel ?

Différentes pistes lui seront reportées, acte isolé, attentat, accident…

Une à une, elle reprend chacune des pistes se basant sur les témoignages des survivants, ce drame collectif lui donnera la clé de son drame personnel.

C’est palpitant, une enquête passionnante qui nous ramène à l’histoire de notre pays, de Bruxelles mais aussi au fort de Brendonk, le camp de concentration européen le mieux conservé d’Europe.

Ce qui m’a plu d’emblée dans ce premier roman, c’est la description détaillée des bâtiments de Bruxelles, c’est très bien documenté. Étant belge, je me suis délectée dans les descriptions de la ville, des bâtiments historiques, un bond dans l’histoire et aussi dans l’architecture. J’ai appris beaucoup de choses intéressantes. C’est aussi un roman nostalgique qui fait revivre l’ambiance de mon enfance.

On apprend les origines du magasin, son évolution, l’histoire des familles Bernheim- Meyer.
Histoire et fiction se mélangent à merveille.

Pas d’inquiétude si vous n’êtes pas belge car des annotations vous permettront de comprendre des expressions ou coutumes locales, à les resituer dans le temps ou dans l’espace. Un petit régal.

L’enquête est bien menée. L’écriture est fluide, les courts chapitres rythment bien le récit.

Ce roman était finaliste du Prix Fintro 2018, un excellent moment de lecture.

Un tout grand merci à Danielle Nees de Genèse éditions.

Ma note : 9.5/10

Les jolies phrases

Près de 50 années s’étaient écoulées depuis 1967 : 50 Noël, le cinquième nombre magique, un demi-siècle, des noces d’or… A mes yeux, Bruxelles évolua comme une femme : une beauté nordique qui ne ressemble à aucune autre et qui laisse derrière elle son passé.

Tout le monde se souvenait de ce qu’il faisait le 22 mai 1967. Mais quel crédit accorder à ses souvenirs ? Les souvenirs sont des cartes postales au dos desquelles chacun écrit ce qu’il souhaite.

Les gens s’imaginent à tort qu’il faut éviter de parler pour protéger ceux qu’on aime. Faux. Il faut parler, parler, parler. Extirper la souffrance au lieu de l’enfouir. Fracasser la machine à se taire.

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