Donne-moi des fils ou je meurs
Maud Jean-Ailleret

Grasset
mai 2019
208 p.  18 €
 
 
 

je joue !

jusqu'au 22 septembre 2019

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 Les internautes l'ont lu
coup de coeur nuit blanche

C’est un premier roman inspiré de sa propre histoire que nous propose Maud Jan-Ailleret. Un roman émouvant, puissant et lumineux qui aborde un sujet tabou : le désir de devenir parents, et surtout la difficulté à pouvoir procréer.

Laure et Antoine sont amoureux, cela ne date pas d’aujourd’hui, cela fait dix-sept ans d’amour. Orphelins tous les deux, Laure sait depuis toujours qu’elle veut devenir mère à son tour.

La vie est belle, tout se passe pour le mieux au niveau professionnel, ils viennent d’emménager dans un nouvel appartement, il ne manque qu’une chose pour que leur bonheur soit complet, l’enfant tant attendu pour fonder une famille.

Le parcours du combattant commence, il sera semé de multiples embûches..

Fausse-couche, donner la mort au lieu de donner la vie, examens médicaux pour comprendre; le sort s’acharne, maladies génétiques, handicap, faire son deuil, penser à l’adoption, ce sont les sujets abordés dans ce roman.

Ce roman nous parle des difficultés mais surtout nous fait comprendre la douleur, la solitude, les émotions ressenties par chacun dans le couple.

Déception, colère, questionnement, mais pourquoi le sort s’acharne-t-il autant? Le sentiment d’injustice, la solitude, l’incompréhension et les maladresses involontaires des proches qui en essayant de les réconforter blessent souvent sans s’en rendre compte.

Maud Jan-Ailleret nous fait vraiment entrer dans la tête de Laure et nous transmet beaucoup d’empathie,à la lecture j’ai vraiment fort ressenti les émotions.

Autre thématique difficile; comment faire le deuil d’un mort que l’on ne peut pas enterrer lors d’une primo fausse-couche ?

L’espoir est présent et est un fil conducteur.

« Ce projet d’enfant, c’est mon espoir. Sans espoir je vois bien que je m’éteins, je m’éteins. »

« Le plus important c’est de ne pas renoncer à être heureux » , c’est ce que nous dit l’auteure. J’ai aimé ce passage qui reste l’essentiel, se plonger dans ses passions pour avancer, pour se réaliser.

Passé le stade de la révolte, l’acceptation, faire le deuil et envisager l’adoption, un autre parcours difficile.

Une lecture difficile, j’avoue avoir laissé couler les larmes à plusieurs reprises mais jamais l’auteure ne tombe dans le pathos. Au contraire, c’est lumineux, porteur d’espoir.

L’écriture est magnifique, la plume est fluide, légère, maîtrisée avec beaucoup de justesse et de pudeur.

Magnifique !

Un coup de ♥

Les jolies phrases

C’est toujours la même chose, on se réveille à 35 ans pour faire un enfant et on s’imagine que ça va marcher dans la minute. Mais on n’est pas sur Amazon avec livraison garantie dans neuf mois, Madame.

Ménager nos parents qui nous ont autrefois ménagé.

A cet instant précis, nos regards parlent mieux que nos bouches qui préfèrent rester closes plutôt que de risquer d’être maladroites.

La vie est douce lorsqu’un nouveau monde est à portée de mains.

Ce que nous avons traversé l’un sans l’autre nous a bouleversés et pourra nous réunir comme nous éloigner.

Comment fait-on le deuil d’un mort qu’on ne peut pas enterrer ?

Ce projet d’enfant, c’est mon espoir. Sans espoir, je vois bien que je m’éteins, que je ne suis plus la même. Je n’aime pas cette fille sans espoir.

J’ai l’impression qu’avec mes grossesses écourtées, on m’a arraché des mains un cadeau qu’on venait de me faire, qu’on a bafoué mes droits.

Soit on coule, soit on se bat, mais on ne peut pas se laisser glisser comme ça. Pas nous, c’est complètement absurde, on s’aime tant.

Ensemble on va mettre des couleurs dans tout ce gris. Vivons, créons, faisons-nous du bien.

Dire qu’on n’arrive pas à faire des enfants relève pour elles d’un aveu de faiblesse qui se doit d’être tu. L’exposer au public est impensable. Terriblement tabou.

La gaieté, crois-moi, c’est le secret des courageux.

Quelqu’un de solide, qui contrôle et qui réussit tout, ça n’existe pas. Le vrai courage, c’est d’accepter. Faut accepter maintenant, Laure ! Ça fait mal, je sais. Souvent c’est au prix d’une fêlure ou d’une blessure qu’on avance.

Dans l’abandon de nos peines, nos corps se libèrent.

La tristesse devrait rester tue pour contrer le mauvais sort.

Bah quoi, Daddy, Maman dit que Laure veut un bébé mais que les bébés ne tiennent pas dans son ventre. Elle dit que c’est comme les fleurs qu’on fait pousser, il y en a qui deviennent très belles et d’autres qui ne poussent jamais.

Retrouvez athalie sur son blog

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