Et qu'importe la révolution
Catherine Cucher

Le mot et le reste
litteratures
août 2019
-1 p.  17 €
ebook avec DRM 10,99 €
 
 
 

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 Les internautes l'ont lu
coup de coeur

Touchant, saisissant, « Et qu’importe la Révolution ? » est un roman à apprendre par cœur. Sa qualité première soulève un vent d’humilité et de fraternité. Sa beauté est vertu. On peut rester courber des heures devant l’harmonie de la trame. La puissance verbale, signifiante, affirme, sa dignité. L’envolée du sens, de la forme, du donnant, enclenche une histoire sentimentale, engagée, existentialiste. Catherine Gucher est douée. Elle sait, peint une œuvre généreuse, vivifiante dans une intimité hors norme. Ses personnages sont nos alliés, salvateurs combattants de cette intériorité dont il ne faut pas craindre l’ombre. « Jeanne sait que ce qui la sépare de son fils, une vision du monde, les voix des exilés, les dénonciations des militants des droits de l’homme. Elle comprend le refus du vieux monde, d’un ordre trop établi qui, ne laisse aucune place à ces trentenaires désabusé… » « Leurs regards ne se portent pas au même endroit. » Ce récit est la mappemonde des idéaux écartelés. Un chant grave et pur, l’ode, des amours vrais enracinés dans les différences et la constance du nostalgique. Ruben, l’ubiquité entre l’Espagne et les oppressions sous l’ère de Franco, l’Algérie l’accueillante et ses orangers altruistes, le sud de la France et ses douceurs chaleureuses. Jeanne qu’il aime en résilience d’un passé qui aurait pu joindre les mains de ces Héloïse et Abélard. L’éternel retour à flanc de montagne. « C’est dans la clarté qu’il retrouvera Jeanne, elle le reconnaîtra à l’odeur d’argousier qu’il porte sur sa peau lorsque l’ombre est absente. » Cette histoire est l’enivrant de l’existence. Ce qui se passe dans ce diapason où les regrets sont un solfège de lumière. Faut-t-il dire ici ce qui va advenir de ces êtres qui se retrouvent, gerbes de blé en regain dont ils ne veulent pas bouger un seul grain ? Ruben le cosmopolite, Jeanne la Cubaine. Taire le furtif, le délicat, le doigt glissant subrepticement sur un bras nu. Taire l’embrasement des retrouvailles. « Hasta la victoria sienne » « El pueblo unido jamàs serà vencido » « Ces mots sont ceux de Jeanne à jamais. » Jeanne, solennelle, libre va célébrer la liturgie du crépuscule de ses jours. Ouvrir les rideaux et quêter la splendeur du retour en soi. Ce récit publié par Les Editions « Le mot et le reste » trouve sa voie dans la ligne éditoriale si intuitive. Le mot : dire, le reste : assembler. « L’homme est toujours plus qu’il ne sait de lui-même et que les autres ne savent de lui. » A méditer. En lice pour le Prix Hors Concours 2019 Gaëlle Bohé , c’est une grande fierté, enrobée de chance.

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