critique de "La grande escapade", dernier livre de Jean-Philippe Blondel - onlalu
   
 
 
 
 

La grande escapade
Jean-Philippe Blondel

Buchet Chastel
l
août 2019
265 p.  18 €
ebook avec DRM 12,99 €
 
 
 
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Un parfum de nostalgie.

Jean-Philippe Blondel parle des choses simples et des gens sans importance et il le fait bien.
Dans son nouvel opus, il nous entraîne dans le monde de l’enfance au sein d’un groupe scolaire au milieu des années 70.
Philippe, Bertrand, Christian et les autres sont fils d’instituteurs. Après que la cloche ait sonné, la cour de récréation reste leur terrain de jeux car en ce temps-là, les instits habitaient dans des logements de fonction au-dessus des salles de classe.
Dans ce microcosme, on s’aime, on se déteste, on s’épie.
Les femmes tentent de se libérer du joug de leur mari pour un peu plus de liberté, mai 68 est passé par là. La prochaine rentrée verra l’arrivée des filles dans cet univers réservé jusque-là aux garçons. Certains s’en réjouissent, d’autres s’en inquiètent.

Avec « La grande escapade », Jean-Philippe Blondel observe les changements d’une société en pleine mutation.
Il se dégage de ce roman une saveur douce-amère qui en fait tout le charme. Si Jean-Philippe Blondel flirte parfois avec une forme de nostalgie, il n’y cède jamais. Il regarde le passé avec une tendresse mêlée d’un brin de causticité. Et c’est bien ce ton que j’apprécie souvent dans ses livres, un ton qui me rend l’auteur si sympathique et qui me touche au plus intime.

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« Parfois les adultes ignorent le poids qu’ils peuvent avoir sur la destinée des enfants qui ne sont pas les leurs. »

Parce qu’un jour Philippe apprend que Janick a dit qu’il « faisait des manières », son monde s’écroule. Quand on a dix ans, certaines paroles peuvent comme ça provoquer un tsunami intérieur, une prise de conscience, un sursaut amenant à gérer différemment ses frustrations. Janick c’est la mère d’un copain, Philippe l’admire, elle a quelque chose, une élégance, une distance par rapport à leur petit monde. Nous sommes en 1975, dans une petite ville à quelques encablures de Paris, dans un univers de parents instits. L’une dirige l’école maternelle, l’autre enseigne aux CM2, tous gravitent dans le milieu scolaire et y vivent, même. Les appartements sont de fonction, c’est un vase clos avec un petit air de familistère. Les enfants y grandissent, se chamaillent, se brouillent. Les adultes s’y conforment, y étouffent, flirtent avec l’adultère. C’est une époque où la mixité scolaire se met tout juste en place (avec réticences), où l’on sent un frémissement quant à l’évolution de la société, même si la condition féminine est encore très calibrée… Jean-Philippe Blondel nous propose ici un roman très différent des quatorze précédents. Sa plume y est alerte, précise, ses personnages éclatent de vie et nous font pénétrer avec une grande facilité dans leur monde. Pas de drame existentiel ni de situations tire-larmes, juste la vie, les gens, nous. Et c’est super réussi.

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