Le rêve d'un fou
Nadine Monfils

Fleuve éditions
septembre 2019
128 p.  14,90 €
ebook avec DRM 10,99 €
 
 
 

q u o i  l i r e ? découvrez les coups de coeur des libraires cette semaine  #97

Retour à la page d'accueil

 Les internautes l'ont lu
coup de coeur nuit blanche

Magnifique, poétique.

Coup de coeur absolu pour ce roman de ma compatriote Nadine Monfils. Quel bonheur de la retrouver dans un registre différent, pas de plume déjonctée cette fois, non, juste une plume poétique, magnifique, emplie de tendresse et de poésie. Un régal.

Le rêve d’un fou, c’est l’histoire d’un homme : Ferdinand Cheval.

Un homme marqué par la mort dès son plus jeune âge, il perd successivement sa maman, son papa, plus tard il perdra son premier fils, sa première femme et sa fille Alice à l’âge de 15 ans. Pourtant cet homme se raccroche à la vie en réalisant ses rêves… au sens propre comme au sens figuré.

C’est en effet dans un songe, à la mort de son fils que des images du Palais ont commencé à envahir sa tête. « Rêver pour ne pas entrer sous terre avec lui »

il aime lire même s’il n’a pas beaucoup d’instruction. Il découvre dans la revue « Le magasin pittoresque » les architectures lointaines.

Un jour, dans sa tournée car notre ami est facteur à Hauterives dans la Drôme, il trébuche sur une pierre étrange, c’est le 19 avril 1879, à la naissance de sa fille Alice. Il la met en poche pour l’observer, il en ramassera d’autres marchant inlassablement après des tournées de plus de trente kilomètres. Il se mettra à construire sans plan, sans notion d’architecture, son palais des Songes, le palais idéal.

Il a mis 33 ans pour le construire, ce palais admiré par Picasso, André Breton et bien d’autres. Un palais sauvé de la démolition et classé par Malraux en 1969.

Nadine Monfils fait parler le facteur Cheval, elle y intègre des textes venant de lui..; Mais c’est un roman, la biographie est respectée mais idéalisée avec l’apparition d’un peintre Joseph et de sa fille.

Ce roman est un petit bijou. Une pépite, on a envie de souligner et méditer presque toutes les pages. Tendresse, amour d’un père pour ses enfants, réflexions sur la vie, sur la mort, le sens de l’art, le rêve car le plus important est de rêver et d’atteindre l’inaccessible étoile (n’est-ce pas Jacques ?)
car oui c’est le rêve qui sauve nous dit Ferdinand Cheval

L’écriture n’est que poésie et douceur, philosophie. Ce roman est très court mais tellement riche en réflexions, émotions. C’est beau..

Après la lecture, j’ai regardé le film et je n’ai qu’une envie, aller à Hauterives voir et ressentir la beauté des lieux et de ce palais.

Merci Nadine ♥!

Gros coup de ♥

Les jolies phrases

Comment survivre à la mort de ses enfants ? C’est bien la pire des douleurs. Celle qui nous donne envie d’aller les rejoindre, de pleurer toutes les larmes de son corps et de perdre tout goût à l’existence, parce que cette mort-là n’est pas dans l’ordre des choses. Nous sommes des arbres et chaque fois que meurt une personne qu’on aime, c’est comme si on nous coupait une branche. Quand un enfant disparaît, elles tombent toutes d’un coup.

La passion, quelle qu’elle soit, nous sauve de tout.

Parce que tout peut disparaître. Seule l’âme résiste au temps.

Les rêves, ça chasse les larmes.

Parfois, il vaut mieux rester avec ses rêves. Parfois pas. Pour le savoir, il faut les vivre. Et une vie sans risques n’est pas une vie. La peur… C’est la pire des prisons ! Elle coupe les ailes.

Rêver pour ne pas rentrer sous terre avec lui. Pour ne pas me noyer dans une vallée de larmes.

Les hommes sont pareils à des fourmis qui grouillent, s’entremêlent, se grimpent dessus et s’écrabouillent. Des fourmis qui, de toute façon, ne tirent aucune leçon de la vie et continuent à reproduire les mêmes conneries, jusqu’au jour où la planète deviendra invivable. On avait deux magnifiques cadeaux : la nature et l’amour. Et qu’est-ce que nous, crétins d’humains, en faisons ? Du gâchis. On piétine tout sans vergogne. Et ceux qui ont du respect se font bouffer par les autres. Pourquoi un dieu aurait-il créé ça ? Nous ne sommes que des rouages d’un mouvement perpétuel qui fait avancer et reculer les aiguilles invisibles d’une horloge inutile. Tic ! Tac ! Boum ! C’est ça le sens de l’existence.

Qu’est-ce qu’une vie si on ne peut creuser son sillon soi-même ?

Nos pires ennemis sont ceux qu’on aime, parce qu’on a tendance à plier, à se courber, pour ne pas les blesser. Conclusion, nous nous blessons nous-mêmes.

Je le répète, il faut TOUT faire pour réaliser ses rêves, quitte à échouer ! La seule chose qu’on peut regretter à la fin de sa vie, et c’est la pire : c’est de ne pas avoir essayé.

Nous sommes tous prisonniers de quelque chose, surtout de nous-mêmes. Ce sont les pires barreaux à briser ! On peut fuir quelqu’un, mais pas soi.

Vis ta vie, la pire des prisons, c’est la peur.

Etre comme un sourire qui passe. Parce que c’est quand même le plus beau cadeau que l’on puisse faire. Que reste-t-il de nous quand nous ne sommes plus là, sinon le souvenir d’un coeur qui a donné plein d’amour ? Le reste n’est que du vent.

Il arrive un âge où l’homme doit se faire à l’idée que sa force est dans son esprit et plus dans son corps.

Retrouvez Nathalie sur son blog 

partagez cette critique
partage par email
 

» Le rêve d’un fou », c’est celui d’un homme, facteur de son état et qui pour survivre aux épreuves terribles que la Vie lui inflige, décide un jour de construire de ses propres mains son Palais Idéal.

Il s’agit bien sûr du Facteur Cheval.

Ferdinand Cheval dès l’âge de 11 ans est confronté à la mort : le décès de sa mère adorée le laisse profondément meurtri. Devenu père de famille, c’est son fils d’à peine un an qui meurt, suivi quelques mois plus tard de son épouse. Puis la perte à l’âge de 15 ans de sa fille adorée.

La vie dans ce temps là (1879) était extrêmement dure. Il accomplissait chaque jour sa tournée de facteur à pied et parcourait ainsi 30 km quotidiennement. Un jour, son pied heurta une pierre et manqua de le faire tomber. Elle avait une forme si bizarre qu’il l’a ramassée et emportée dans sa poche. Le lendemain, il en trouva d’autres au même endroit, encore plus belles.

Et ces pierres lui fournirent le matériau dont il avait besoin pour construire « le Palais Féérique » qu’il construisait dans ses rêves pour continuer à vivre.

Le Facteur Cheval était un autodidacte, passionné par les revues qui parlaient d’architecture et d’horizons lointains. Il éprouvait également un immense respect pour la Nature, ce qui m’a beaucoup fait penser à Gaudi et à la Sagrada Familia.

Nadine Monfils, même si c’est de façon romancée, nous donne à découvrir une très belle âme humaine, portée par ses rêves « Pas besoin de croire en Dieu ni en quiconque. Juste en toi. Mais attention, ne te trompe pas de rêve (…) Toi seul sais quel est ton plus profond désir. (…) Mes rêves me sont venus en marchant. Chaque pas me menait vers ma construction féérique. Mon autre moi. Le vrai. Celui qui m’a été inspiré par la nature. Marche et ne te retourne pas. »

Il a fallu au Facteur Cheval » 10 000 journées, 93 000 heures, 33 ans d’épreuves » pour achever son Palais Idéal ; à peine 115 pages à Nadine Monfils pour me le rendre attachant et me donner l’envie d’aller visiter son chef-d’oeuvre.

partagez cette critique
partage par email