Les lumières de Tel-Aviv
Alexandra Schwartzbrod

Rivages
mars 2020
286 p.  20 €
ebook avec DRM 14,99 €
 
 
 
 La rédaction l'a lu
coup de coeur

D’amour, de résistance et de liberté

Nous sommes dans quelques années, en Israël ou plus précisément dans ce qu’il est convenu d’appeler le « Grand Israël ». La Cisjordanie a été absorbée, et les ultra-orthodoxes ont pris le pouvoir, soutenus par les Russes qui ont remplacé les Américains. La seule véritable démocratie de la région est devenue un état nationaliste, totalitaire, pauvre et rétrograde.
Mais dans ce pays lugubre, un foyer de résistance s’organise à Tel-Aviv. Séparé du reste du pays par un mur, la ville se bat pour rester fidèle aux valeurs des fondateurs d’Israël : justice, égalité, solidarité et démocratie, à l’image des kiboutz du début.
C’est parce qu’elle connaît si bien ce pays où elle fut correspondante de presse qu’Alexandra Schwarzbrod peut se permettre de réinventer Israël sans que jamais cela soit artificiel. On sillonne les rue de Jérusalem et de Tel-Aviv, on voit les silhouettes raides et sombres des religieux et des femmes emperruquées, on sent la Méditerranée à Jaffa, on suffoque quand le Khamsin se lève et des effluves de zaatar s’échappent des pages que l’on tourne avec impatience.
Car évidement on veut savoir ce que deviennent Haïm et Ana, Moussa et Malika, Isaac ou Eli Bishara, autant de personnages attachants qui tous -pour des raisons qui leur sont propres- veulent s’échapper de cet enfer. Y parviendront-ils ?
Bâti comme un puzzle, ce roman d’anticipation souvent glaçant, à la fois roman policier et d’aventure, captive jusqu’à la dernière page. Mais, s’arrêter ici serait incomplet. Les lumières de Jérusalem est aussi – surtout ?- une histoire d’amour. D’amour, de résistance et de liberté.

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