Les notes de la mousson
Fanny Saintenoy

Versilio
avril 2015
120 p.  12,90 €
 
 
 
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Embarquement pour Pondichery

« Si j’avais eu un don, si j’avais été musicienne, sais-tu ce que j’aurais écrit ? J’aurais capturé les notes de la mousson : ses crépitements, son feulement, le tempo du clapotis et le silence qui rôde autour. Je suis trop vieille, et je ne serais jamais douée, mais toi, tu pourras peut-être inventé cette musique. »

Dès les premiers mots, l’Inde se dessine ; on déambule sur les trottoirs de Pondichery, les clameurs de la rue s’élèvent, les rickshaws colorés défilent sous nos yeux dans une danse joyeuse et bruyante, les odeurs d’épices montent dans l’air gorgé d’humidité, puis le jasmin libère son doux parfum envoutant. Un mariage se prépare. Deux êtres qui s’aiment passionnément vont unir leur destin. Leurs yeux brillent autant que leurs habits d’apparat.
Dix ans ont passé. Kanou se réveille doucement, la moiteur de l’atmosphère enveloppe son petit corps, l’alourdissant. Il va bientôt rejoindre Ahmma la servante, en bas. Il l’entend qui s’agite à la cuisine. Cette femme a pris son enfance en main, avec douceur et beaucoup d’amour. Son père, Lalche, est absent de la maison, comme souvent. Célèbre violoniste, il parcourt le monde en l’inondant de sa musique. Sa mère est là, comme toujours. Galta passe ses journées à lire, à écouter de la musique et à rêver.
Kanou a dix ans. C’est la saison de la mousson. Les nuages gris ont envahi le ciel, le vent souffle fort et la pluie tombe à verse. Galta se dirige dehors et demeure plantée là, sous la pluie battante. L’eau coule et recouvre son corps tout entier. Elle ne supporte plus le poids si lourd du passé, le mensonge, les non-dits, sa solitude. Cette pluie bienfaisante purifie son esprit si confus. La musique a pris tellement de place dans la vie de Lalchen qu’il n’y en a plus assez pour elle et Kanou. Il s’est éloigné d’eux, et son amour aussi. Et ce petit garçon qu’elle n’ose pas approcher de peur de voir ses anciens souvenirs resurgir, l’attend pourtant patiemment, aimant.
Aujourd’hui, elle va écrire une lettre. Renouer le lien avec celle qui lui est si chère. Remonter le fil de son histoire. La tisser et la raconter à son fils. Faire entrer la lumière, la vérité. Pour être en paix, enfin.
Et la discrète et silencieuse Angèle, murée dans sa forteresse de pierre et de chagrin, recevra cette lettre et sa vie s’éclairera à nouveau. Paris, ville de son exil, alors si triste, revêtira des couleurs joyeuses, les poèmes retentiront, la musique s’insinuera partout. La nostalgie prendra fin. L’Inde reviendra toute entière avec ses paysages, ses nuances, ses notes, sa touffeur, ses danses, sa beauté.
J’ai aimé ce petit roman d’une centaine de pages, où tout est dit pourtant. L’essentiel. Une atmosphère ensorcelante, un amour filial incandescent.
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on n'aurait pas dû

Frustrée

J’ai d’abord cru un livre de nouvelles, tant je ne trouvais aucune relation entre les premiers chapitres. Page après page, surtout en fin de livre, ce qui est normal me direz-vous, le voile se lève, les cercles s’entrecroisent, les sous-entendus deviennent vérité.

J’ai été sensible à l’écriture de Fanny Saintenoy, mais… et oui, il y a un mais ! Je n’ai pas été touchée par cette histoire, je suis restée sur les trottoirs des rues de Pondichéry et de Paris. Je n’ai aucunement été sensible aux destins des personnages de ce roman.
Je suis assez déçue par ce livre trop long pour une nouvelle, trop court pour un roman à rebonds, trop convenu. Fanny Saintenoy ne fait que surfacer les choses, il manque de la matière, alors qu’il y a de quoi entre la mort des jeunes mariés, cette enfant recueillie par Colette, le départ brusque, la séparation, Pondichéry tout autour, les parents de Colette… J’aurais aimé des personnages plus approfondis, des détails plus fouillés. La fin brutale m’apparait comme tronquée. Je suis sortie de cette histoire frustrée.

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