o n  l  a  v u
 This is us 
« Aucun doute, c’est bien nous ! »

Une table familiale. Un gratin de macaronis. Des enfants trop bruyants. Des parents qui s’observent en coin. Aucun doute, c’est bien nous. La fiction est toujours un miroir. Mais dans le cas de « This is us », dont la quatrième saison est en cours de diffusion sur Canal Plus, il s’agit d’un miroir grossissant. Nos névroses familiales y sont étudiées à la loupe. A la manière d’un appartement témoin, la famille Pearson sert de famille type à son créateur Dan Fogelman. Son approche pourrait être clinique. Elle ne l’est pas. « This is us » est le genre de séries qui se fréquentent une boîte de Kleenex à portée de mains.

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Ce que le scénariste nous raconte saison après saison ce sont les petites victoires et les grands chagrins de la tribu Pearson. Aux antipodes des soaps familiaux boostés aux dramas plus grands que la vie, la série se concentre sur ces tout petits riens qui métamorphosent la rencontre d’une femme et d’un homme en famille. Rebecca (Mandy Moore) et Jack Pearson (Milo Ventimiglia) sont dingues l’un de l’autre. Ils attendent des triplés. Ils sont adorablement gagas. Ils sortiront finalement de la clinique avec trois enfants mais pas du tout comme prévu. Deux enfants biologiques Kate et Kevin. Un enfant adoptif Randall. Commencent alors des aller-retours incessants entre leur enfance et leur vie d’adultes.

Kate doit vivre avec son obésité. Kevin avec un physique de beau gosse qui l’enferme dans un rôle qu’il ne supporte plus. Randall, seul Noir dans une famille blanche, se bat avec la question de l’identité. Rebecca et Jack tentent de ne pas oublier la naissance de l’amour et gèrent comme ils peuvent leurs problèmes de couple.

Un système narratif sophistiqué qui donne à « This is us » une autre ampleur. Sa dimension psychanalytique est manifeste. Ce que tu as ou n’as pas été fait de toi ce que tu es ou ce que tu n’es pas. Rien qui n’ait déjà abondamment été écrit. Donc facile à affirmer. Mais beaucoup moins à réaliser. Surtout sur une chaîne commerciale grand public comme NBC. C’est le petit tour de force qu’accomplit Dan Fogelman. Sans doute est-il aidé par un ensemble de comédiens impeccables qui permettent à la série d’être exactement au bon endroit. Au plus près des émotions des personnages. À quelques millimètres du coeur mais à des kilomètres de la mièvrerie. C’est cette distance qui change tout.
Marianne Levy

Sur Canal + 4 saisons
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